dimanche 5 avril 2026

Where Some Count, Others Impose

 Where Some Count, Others Impose

Following the recovery of a US WSO in contested territory, one question keeps coming back: how should we interpret the loss of several aircraft engaged in the operation?

Where many see a cost, Washington sees something else. And that is precisely where the fracture lies.

This is exactly where the difference between an accounting logic and a logic of power plays out. For most states, losing two special operations transport aircraft — roughly $115 million each — plus a fighter jet in a single mission would immediately be seen as a disaster.

A pure loss. A failure. But this reading doesn’t work when we’re talking about the United States. Because the United States does not reason in terms of cost. It reasons in terms of effect. The cost is marginal, the stake is not.

The $230 million for the two C-130s represent almost nothing against a military budget that exceeds $800 billion.

That figure impresses elsewhere. Here, it is absorbed. By contrast, recovering a man — especially at this level — changes everything. Preventing his capture is not an option. It is a necessity. An American officer exposed to Iran would have created an immense lever, far beyond the battlefield.

But there is something even more important: the invisible contract. Every pilot knows that we will come for him. No matter the price. No matter the risk. And that is precisely what changes the way they fly, decide, and strike.

What you do matters. What you show matters even more. An operation like this is never silent. Destroying one’s own equipment on site is not a loss. It is a demonstration. It means: we can enter, act, take the hits, and leave. It also means: the loss of equipment does not slow down the maneuver.

And above all: blocking an action is not enough. You must be able to keep up with the pace behind it. And few actors are capable of that. Equipment is a variable, not an end in itself. A compromised aircraft is not recovered. It disappears. Better to reduce it to ashes than to leave any exploitable element behind.

This is not waste. It is control. This type of operation confirms one simple thing: dominance does not rest on the absence of losses, but on the ability to continue despite them. Yes, the area was contested. Yes, constraints appeared. But in the end, that did not prevent the objective from being achieved. And that is the only metric that counts. Where some see a material loss, others see a demonstration of will.

The man is recovered. The message is sent. The capability remains intact.

The rest is secondary. This is exactly where the misunderstanding is born: those who count cannot understand those who impose.

#USMilitary #Iran #F15E #CSAR #SpecialOperations #MilitaryStrategy #PowerProjection #Defense #Aviation

@TheIntelFrog - @Osinttechnical - @Afshin_Ismaeli - @TheAviationist - @JackMurphyRGR @WarMonitor3



Là où certains comptent, d’autres imposent

 

 Là où certains comptent, d’autres imposent

Suite à la récupération d’un WSO américain en territoire contesté, une question revient : comment interpréter la perte de plusieurs appareils engagés dans l’opération ?
Là où beaucoup voient un coût, Washington voit autre chose. Et c’est précisément là que se situe la fracture.

C’est exactement là que se joue la différence entre une logique comptable et une logique de puissance.

Pour la plupart des États, perdre deux avions de transport de forces spéciales — environ 115 millions de dollars l’unité — ainsi qu’un avion de chasse lors d’une seule mission serait immédiatement perçu comme un désastre. Une perte sèche. Un échec.

Mais cette lecture ne fonctionne pas quand on parle des États-Unis.

Parce que les États-Unis ne raisonnent pas en coût. Ils raisonnent en effet.

Le coût est marginal, l’enjeu ne l’est pas

Les 230 millions de dollars des deux C-130 ne représentent presque rien face à un budget militaire qui dépasse les 800 milliards. Ce chiffre impressionne ailleurs. Ici, il est absorbé.

En revanche, récupérer un homme — surtout à ce niveau — change tout.

Éviter qu’il soit capturé n’est pas une option. C’est une nécessité. Un officier américain exposé par l’Iran aurait créé un levier immense, bien au-delà du terrain.

Mais il y a plus important encore : le contrat invisible.

Chaque pilote sait qu’on viendra le chercher. Peu importe le prix. Peu importe le risque.

Et c’est précisément ce qui change leur manière de voler, de décider, de frapper.

Ce que l’on fait compte. Ce que l’on montre compte encore plus.

Une opération comme celle-ci n’est jamais silencieuse.

Détruire son propre matériel sur place n’est pas une perte. C’est une démonstration.

Cela signifie :
nous pouvons entrer, agir, encaisser, et repartir.

Cela signifie aussi :
la perte de matériel ne ralentit pas la manœuvre.

Et surtout :
bloquer une action ne suffit pas. Il faut pouvoir suivre le rythme derrière. Et peu d’acteurs en sont capables.

Le matériel est une variable, pas une fin

C’est une autre erreur classique.

Ailleurs, chaque équipement est protégé à tout prix. Ici, il est utilisé jusqu’au bout — et détruit si nécessaire.

Un appareil compromis ne se récupère pas. Il disparaît.

Mieux vaut le réduire en cendres que de laisser le moindre élément exploitable.

Ce n’est pas du gaspillage. C’est du contrôle.

Ce que cela révèle

Ce type d’opération confirme une chose simple : la domination ne repose pas sur l’absence de pertes, mais sur la capacité à continuer malgré elles.

Oui, la zone a été contestée.
Oui, des contraintes sont apparues.

Mais au final, cela n’a pas empêché l’objectif d’être atteint.

Et c’est la seule métrique qui compte.

Ce que beaucoup ne voient pas

Là où certains voient une perte matérielle, d’autres voient une démonstration de volonté.

L’homme est récupéré.
Le message est passé.
La capacité est intacte.

Le reste est secondaire.

C’est exactement là que naît l’incompréhension :
ceux qui comptent ne peuvent pas comprendre ceux qui imposent.

#LogiqueDePuissance #Iran #F15E #C130 #CSAR #ForcesSpeciales #Geopolitique #StrategieMilitaire

@BabakTaghvaee1 @XavierTytelman @Opex360 @Le_Collimateur




samedi 4 avril 2026

Iran : pourquoi ni l’armée ni le peuple ne renverseront le régime de sitôt

 Iran : pourquoi ni l’armée ni le peuple ne renverseront le régime de sitôt

On se trompe souvent de question lorsqu’on parle de l’Iran.
Le problème n’est pas de savoir si le régime des mollahs est contesté.
Il l’est, profondément.

Les manifestations de 2009, 2019, 2022 — après la mort de Mahsa Amini — l’ont montré : une large partie de la population, notamment les jeunes et les femmes, rejette le système.

La vraie question est ailleurs :
pourquoi, malgré ces contestations, le régime ne tombe-t-il pas ?

Parce qu’il ne “survit” pas. Il fonctionne exactement comme il a été conçu pour fonctionner.

I. 1979 : Khomeini ne prend pas le pouvoir, il conçoit un système

Ruhollah Khomeini tire une leçon centrale de l’histoire iranienne :
les régimes tombent lorsque l’armée devient neutre… ou bascule.

Sa réponse est radicale :
il empêche cette possibilité.

  • Fragmentation de la force armée

  • Multiplication des centres de pouvoir

  • Loyauté idéologique au-dessus de la loyauté nationale

C’est dans cette logique qu’émerge le Corps des Gardiens de la Révolution (Pasdaran).

Leur mission dépasse la défense nationale :
défendre le régime contre toute menace interne ou externe, y compris issue de la société iranienne elle-même.

II. Une architecture sécuritaire qui neutralise tout coup d’État

Le système repose sur trois piliers :

  • L’Artesh : armée régulière

  • Les Pasdaran : idéologiques, autonomes, omniprésents

  • Le Basij : milice de masse

Ces forces ne s’additionnent pas. Elles se neutralisent mutuellement.

Aucun acteur ne peut s’emparer du pouvoir sans être immédiatement bloqué par un autre.
Le coup d’État est impossible, non pas en théorie, mais par construction.

III. Le Basij : pression permanente et répression intégrée

Le Basij est souvent mal compris.
Ce n’est pas seulement une milice. C’est un dispositif de contrôle social diffus.

Par sa présence permanente :

  • dans les quartiers

  • dans les universités

  • dans les administrations

il exerce une pression constante, intégrée au quotidien.

Et lorsque nécessaire, cette pression bascule en répression directe.

Ce système de surveillance, intimidation et coercition rend toute structuration durable de l’opposition extrêmement difficile.

IV. Analogies utiles, mais insuffisantes

Les comparaisons avec les SA, les SS nazies ou encore la structure du parti Baath irakien éclairent certaines fonctions :

  • loyauté idéologique

  • contre-pouvoir armé

  • contrôle interne

Mais elles restent partielles.

Le régime iranien ne copie pas. Il combine.

Il ajoute une dimension religieuse structurante :

  • l’obéissance devient devoir spirituel

  • la loyauté devient engagement sacré

  • la rupture devient transgression

C’est cette hybridation qui fait sa singularité — et sa solidité.

V. Khamenei : projeter à l’extérieur pour stabiliser l’intérieur

Ali Khamenei comprend qu’un régime sous pression interne doit respirer à l’extérieur.

Il développe un réseau de proxies :

  • Hezbollah

  • milices en Irak et en Syrie

  • Houthis

Ce dispositif permet :

  • de déplacer la conflictualité

  • de maintenir une logique de siège

  • de renforcer la cohésion du noyau dur

VI. Un pouvoir en mille-feuille

La guerre Iran-Irak (1980–1988) a profondément transformé le régime :

  • circuits parallèles

  • autonomies locales

  • centres de décision multiples

alors que la guerre des “12 jours” a généré une autre dynamique :

  • décentralisation opérationnelle

  • montée des acteurs intermédiaires

  • flexibilité accrue

Résultat :
le pouvoir iranien est un mille-feuille. Sans centre unique à renverser.


VII. L’économie parallèle : survivre, contrôler, redistribuer

Les sanctions n’ont pas affaibli le régime.
Elles ont restructuré son économie.

  • contrebande

  • économie souterraine

  • circuits financiers parallèles

  • réseaux transfrontaliers

Cette économie a permis :

  • au bazar de survivre

  • de maintenir un lien entre pouvoir et classes commerçantes

  • de structurer une forme d’aristocratie économique liée au régime

Les Pasdaran y jouent un rôle central.

Ce système ne contourne pas seulement les sanctions.
Il organise la loyauté.

VIII. Pourquoi le peuple ne renverse pas le régime

Un élément est souvent sous-estimé :
la perte de confiance dans le soutien international.

Les espoirs de relais externes ont été perçus comme trahis,
laissant place à :

  • désillusion

  • isolement

  • coût humain élevé (morts, emprisonnements massifs)

Cette rupture affaiblit la dynamique insurrectionnelle : le changement ne viendra donc pas de l’extérieur.

De l’intérieur, ce n’est pas un manque de volonté, mais une contrainte structurelle qui bloque :

  • répression rapide

  • surveillance diffuse

  • opposition fragmentée

  • absence de leadership

  • peur du chaos

Conclusion

Le régime iranien ne tient pas par hasard. Il ne “résiste” pas.

Il fonctionne exactement comme il a été conçu.

  • double structure militaire

  • contrôle social diffus

  • projection externe

  • économie parallèle

  • pouvoir en millefeuille

Tant que cette architecture tient, ni la rue… ni l’armée… ne suffiront.

Le véritable point de bascule ne sera ni une manifestation, ni un coup d’État.

Le changement, s’il vient un jour, ne pourra venir que d’une crise interne majeure capable de fissurer simultanément plusieurs piliers de ce système complexe ou d’une concentration du pouvoir entre les mains des Pasdaran. Ainsi, le système finira par devenir une dictature militaire prétorienne pure, dévorant sa propre caution religieuse pour survivre.

#Iran #Géopolitique #Sécurité #Pasdaran #Basij #Artesh #Pouvoir

@Jean-Pierre Filiu @Pierre Razoux @IRIS @FondationPourLaRechercheStratégique




mercredi 1 avril 2026

Pourquoi la critique de la « conduite » de Trump dans la guerre en Iran passe à côté du sujet

Pourquoi la critique de la « conduite » de Trump dans la guerre en Iran passe à côté du sujet

On entend partout la même rengaine : Trump n’a pas de stratégie claire, ses messages sont contradictoires, sa conduite de la guerre est chaotique. Un mois après le début de l’opération, les commentateurs s’agitent autour des ultimatums sur Kharg Island, des menaces sur les infrastructures énergétiques et des déclarations simultanées selon lesquelles « les négociations avancent très bien » ou que l’Amérique pourrait « partir dans deux ou trois semaines ».

Pour beaucoup, c’est la preuve d’un amateurisme dangereux.

En réalité, cette critique rate complètement sa cible.

Elle juge Trump à l’aune des manuels militaires et des plateaux télé. On attend de lui une doctrine claire, un plan lisible, une trajectoire annoncée. Or Donald Trump ne fonctionne pas ainsi. Il ne pense pas comme un général d’état-major. Il raisonne en homme d’affaires : rapport de force et transaction.


1. Le « flou » n’est pas une anomalie, c’est le brouillard de la guerre

Oui, la conduite paraît fluctuante : menaces maximales un jour, ouverture le lendemain, possibilité affichée d’un retrait rapide.

Mais ce que beaucoup interprètent comme de l’indécision est en réalité la manifestation du brouillard de la guerre. Dès les premiers coups portés, le réel s’impose. Les ripostes iraniennes, le détroit d’Ormuz, les marchés énergétiques, les réactions des alliés… tout cela redéfinit en permanence le cadre d’action.

N’importe quel pays aux moyens limités doit adapter ses ambitions à ses contraintes. Les États-Unis, eux, disposent d’un potentiel énorme qui leur permet d’adapter leurs moyens à n’importe quelle situation qui se présente.

Ce que les commentateurs appellent « absence de stratégie » n’est souvent que le refus de s’enfermer dans un schéma devenu obsolète dès les premières heures.


2. Une logique de pression maximale pour obtenir un compromis à son avantage

Trump n’a jamais caché sa préférence pour le deal plutôt que pour l’enlisement. Sa méthode est simple : créer une pression maximale, maintenir l’incertitude, puis ouvrir une porte de sortie qui lui soit favorable.

Les frappes, les menaces et les déploiements ne sont pas des fins en soi. Ce sont des leviers.

L’objectif n’est pas l’escalade sans retenue ni la destruction totale, mais de contraindre l’adversaire à revenir à la table dans une position affaiblie.

Le fait que des canaux de communication subsistent et que Trump évoque publiquement un retrait rapide n’est pas incohérent. C’est au cœur du mécanisme : maintenir la pression tout en laissant une issue.


3. La flexibilité mentale déroutante : force… et ligne de risque

C’est ici que se situe le vrai débat.

Cette approche suppose une grande flexibilité. À force de jouer sur plusieurs registres simultanément, le signal peut paraître flou, y compris pour les alliés. Dissuader, ce n’est pas seulement être puissant. C’est être compris.

Reste une question : cette flexibilité est-elle toujours maîtrisée, ou repose-t-elle sur une prise de risque permanente ?

Mais il existe toujours un point de bascule : celui où la flexibilité cesse d’être un avantage et devient une source d’incertitude subie.

Chez Trump, ce point de bascule ne semble pas atteint. Au contraire, cette flexibilité mentale déroutante — que certains jugent instable — fait précisément sa force. Elle déstabilise l’adversaire, l’empêche de prévoir la prochaine étape, tout en permettant aux États-Unis d’ajuster en permanence leurs moyens grâce à leur potentiel.

Ce qui paraît chaotique vu de l’extérieur est souvent une capacité rare à naviguer dans le brouillard sans jamais perdre le contrôle du rapport de force.

Les panelistes des chaînes d’infos, habitués aux doctrines rigides des manuels, peinent à lire cette logique. Ils voient du désordre là où s’impose un tempo imprévisible.

Certains parlent d’hubris. D’autres y voient une maîtrise du rapport de force. La frontière entre les deux est plus fine qu’on ne le croit.


Conclusion

Le problème n’est pas l’absence de stratégie.

C’est que beaucoup refusent de reconnaître une façon de conduire la guerre qui ne correspond pas aux standards classiques : une approche où le flou est un outil, où la pression est un langage, et où la guerre n’est pas une fin en soi mais un moyen d’obtenir le meilleur compromis possible à son avantage.

Un mois après le début des opérations, Trump évoque déjà la possibilité de partir dans deux ou trois semaines, avec ou sans accord. C’est exactement ce qu’un négociateur fait lorsqu’il dispose d’un avantage de puissance écrasant et refuse de se laisser enfermer dans un tempo imposé par le terrain.

Ceux qui crient à l’amateurisme regardent la forme.

Trump, lui, impose le rapport de force — et juge tout à l’aune du résultat.




mardi 17 mars 2026

Affaiblir, contenir, rester incontournable

  Affaiblir, contenir, rester incontournable: la vraie vision américaine sur l’Iran

Les États-Unis n’ont jamais voulu détruire l’Iran. Point.

Depuis le 28 février ils frappent, Khamenei est éliminé, mais ils s’arrêtent là. Pas d’invasion au sol. Pas de changement de régime. Pas d’occupation. Pas de chaos total.

Pourquoi ce plan froid ?

Parce que leur plan est froid : affaiblir l’Iran militairement et technologiquement, le contenir économiquement et ideologiquement et rester l’arbitre incontournable au Moyen-Orient. C’est tout. Pas de grands discours. Pas d’idéalisme. Du business pur.

Affaiblir militairement et technologiquement

Ils veulent un Iran militairement et technologiquement diminué. Suffisamment faible pour qu’il ne puisse plus projeter de puissance nulle part et qu’il n’ait plus de proxies actifs.

L’Iran n’est pas comme les autres pays de la région. C’est le seul qui a construit une vraie souveraineté technologique et militaire malgré des sanctions maximales depuis des décennies. Il fabrique ses propres drones (comme le Shahed), ses missiles balistiques à moyenne et longue portée, ses satellites avec ses propres lanceurs, ses centrifugeuses nucléaires et même ses capacités cyber offensives. Tout ça en interne, sans accès aux puces occidentales ni aux machines-outils de dernière génération.

L’Iran forme chaque année plus de 200 000 ingénieurs et ses universités comme Sharif produisent des chercheurs de niveau mondial, ajoutant à cela une diaspora très introduite dans la sphère de la recherche technologique.

C’est exactement cette capacité et cette menace militaire qui inquiètent les États-Unis. Un Iran qui atteint la « masse critique » technologique et militaire deviendrait un rival structurel capable de défier l’influence américaine au Moyen-Orient. Les frappes sont donc ciblées pour affaiblir cette souveraineté : pas pour tout raser, mais pour empêcher l’Iran de rivaliser sur le long terme dans les drones, le cyber, l’espace et les systèmes autonomes. Ils calibrent chaque frappe pour que l’Iran perde sa force sans tomber. Un Iran trop fort c’est un problème. Un Iran trop faible c’est inéluctablement le chaos, qui sera rempli par les radicaux. Donc ils affaiblissent juste ce qu’il faut.

Contenir économiquement

Une fois diminué, l’Iran doit rester docile et maniable. Il doit devenir un acteur économique comme les autres.

Il vend son pétrole. Il fait du commerce. Il reste dans le système mondial. Il paie ses factures. Mais il ne déborde plus. Il ne finance plus de proxies. Il ne projette plus de puissance.

Regardez aujourd’hui : Ormuz quasiment bloqué, pétrole cher, économie mondiale qui souffre. Les Américains maintiennent la pression juste assez pour que l’Iran reste coincé dans ses frontières. Ils veulent un pays normalisé économiquement : un marché ouvert, mais avec des contraintes sur ses capacités militaires et technologiques. Il n'aura plus de sanctions visibles, mais des limites capacitaires et idéologiques.

Rester l’arbitre incontournable

Et là tout devient logique.

Tant que l’Iran est affaibli mais vivant, les États-Unis restent les seuls arbitres du Moyen-Orient. Les pays du Golfe n’auront pas de menace sérieuse mais continueront à s’approvisionner en armes technologies américaines. L’Europe et l’Asie ont besoin de Washington pour stabiliser les prix du pétrole.

Les autres acteursde facto sont écartés : Russie, Chine, tous ceux qui voudraient remplir un vide. Les Américains font du business avec tout le monde : Arabie, Émirats, Israël, Qatar, Turquie. Personne n’est exclu. Mais personne ne remplace les États-Unis.

Un Iran vivant mais faible signifie un marché qui reste ouvert et une influence américaine qui reste salutaire pour tout le monde.

Pourquoi ça cale aujourd’hui

Pourtant ça bloque depuis plusieurs jours. Les frappes continuent mais sans décision finale. Pourquoi ?

Parce qu’on n’a pas encore trouvé le bon interlocuteur à Téhéran. Ou avec les frappes ciblées on est en train de dégager le terrain pour le vrai interlocuteur. Personne avec qui parler vraiment et signer un deal stable.

Et surtout parce que tout le monde a peur de créer le KO final. Si le régime tombe d’un coup, ce sont les radicaux qui prennent le pouvoir dans le chaos. C’est le scénario que Washington veut éviter à tout prix. Ils préfèrent un Iran affaibli et contenu plutôt qu’un vide rempli par une nouvelle génération qui attend son tour depuis vingt ans.

Donc ils continuent : ils frappent juste ce qu’il faut, ils maintiennent la pression économique et militaire, ils gardent le contrôle du jeu.

C’est du business pur. Pas d’idéalisme.

Ce n’est pas une guerre de conquête, c’est une guerre d’ingénierie politique.

C’est ma lecture froide de la situation au 17 mars 2026. Sans être dans les secrets des dieux, c’est une analyse d’après les informations vérifiées qui sont en open source.

Qu’en pensez-vous ?

#Iran #USA #MoyenOrient #GuerreIran #StrategieAmericaine #Petrole #Ormuz #AnalyseOpenSource #Iran2026 #BusinessPur

Merci à @BetterCallMedhi qui m'a fourni des arguments supplémentaires pour étayer cette analyse. @EliotHiggins @chahid_soufiane   @MekoSimo @IntelCrab



vendredi 13 mars 2026

The War Against Iran

 

The Real Front Is in Tehran

 

 “A state rarely falls under the blows of the enemy; it falls when its internal divisions become stronger than the external threat.”

— Niccolò Machiavelli

 

We are on March 13, 2026, the fourteenth day of a conflict that Washington and Tel Aviv present as already won. Ali Khamenei Sr. has been eliminated. More than 5,000 Iranian military targets have been struck. Tehran’s ballistic capabilities have dropped by nearly 90% (figure officially confirmed this morning by the U.S. Department of War during the Hegseth-Caine press conference). The regime has lost dozens of ships and launchers. Yet a missile still hit a residential area north of Israel this morning. Traffic in the Strait of Hormuz remains reduced by more than 95%, Brent exceeds $105 a barrel, and global economic costs are mounting.

Why this proclamation of military victory when nothing is over? Because the Iranians have precisely identified the real American center of gravity: U.S. public opinion, vulnerable to economic factors. To reach it, they have chosen a deliberate and calculated a strategy of attrition — prolonging the war by all possible asymmetric means. On the other side, the United States has indeed secured an undeniable military victory. But they have not yet found the key to end the conflict.

Ali Larijani: The Strategist of Prolonged Nuisance

Larijani today embodies the most dangerous Iranian strategy for Washington: winning the war of time. Former nuclear negotiator and former Speaker of Parliament, he had the direct ear of the late Supreme Leader. Reinstalled in August 2025 as Secretary of the Supreme National Security Council, he coordinates the operational response. His brothers have built a solid institutional network. 

In recent hours’ statements, he is the one maintaining the maritime blockade lever, ensuring — despite communication difficulties — continuity with the remaining active IRGC units. He is steering a long resistance rather than a suicidal frontal confrontation.

Mojtaba Khamenei, designated Supreme Leader on March 9, remains in the background. His first public communication on March 12 was written; consistent reports mention injuries from the initial strikes. 

In these conditions, Larijani exercises a de facto decision-making role, precisely the one that allows him to calibrate the nuisance without tipping into adventurism.

The Ahmadinejad Legacy and Internal Tensions

Facing him, Mahmoud Ahmadinejad’s legacy remains alive. Independent sources confirm that this other radical figure is unharmed and placed in safety after the first strikes. His supporters remain influential among popular bases and certain hardline IRGC units. 

Historically, Larijani and Ahmadinejad clashed: the former resigned in 2007 over a line he judged too risky, with public confrontations between 2010 and 2013 on power and corruption. Khamenei Sr. had then ruled in favor of institutional stability.

This tension has not disappeared. It is now at the heart of Iran’s calculation: Larijani must channel this popular radicalism to serve a prolonged nuisance, without letting it slip into uncontrollable decisions.

The Critical Variables

This is where the loyalty of those who hold the weapons becomes decisive. And this loyalty passes through three additional variables often overlooked: the Iranian street, ethnic minorities, and the regular army (Artesh).

The population has been enduring a direct economic shock for fourteen days — shortages, inflation, power cuts, rationing. Reliable sources report limited but persistent demonstrations in several cities around daily survival issues. These movements recall 2019 and 2022: real fatigue, but which, for now, has not turned into open revolt.

The regime is betting that the perception of a national resistance against external aggression can still maintain urban cohesion. As for ethnic minorities — Kurds, Baluchis, Arabs of Ahvaz, Turkmens, Azeris, representing nearly 40% of the population — verified reports mention increased activity by Baluchi armed groups in the southeast and isolated incidents in Kurdish areas. Even if a reaction from these groups remains possible, it appears highly improbable in the current context due to the regime’s tight surveillance and internal divisions within these communities. Their neutrality or loyalty nonetheless conditions the stability of peripheral provinces where sensitives sites are located.

Larijani, with his institutional approach, seems for now to contain these fractures; Ahmadinejad, symbol of the dispossessed populism, could mobilize or exacerbate them depending on the turn events take.

To these two variables is added an actor still inactive but potentially decisive: the regular Iranian army (Artesh). Unlike the Revolutionary Guards, the Artesh was not directly targeted in the first strikes and retains the bulk of its conventional capabilities (armor, aviation, infantry). It remains in the background, faithful to its tradition of professionalism and separation from the IRGC.

If Larijani or the top leadership decided to involve it fully — whether to stabilize the regime or for more classical defense — it could become the factor that tips the internal balance. Its loyalty (or possible neutrality) remains a major card yet unplayed.

The Real Battlefield

On March 13, 2026, American public opinion seems to be entering a critical phase of disengagement. The initial military successes — elimination of Ali Khamenei and destruction of a large part of the ballistic arsenal — had generated initial support. But the prospects of an economic quagmire now appear to be the real arbiter of the conflict.

The first polls published in recent days by Ipsos and Quinnipiac University Poll show a rapid shift: a relative majority of voters now expresses opposition to continuing the war, while a growing share of the population expects a long conflict.

At the same time, the energy shock is becoming the main domestic front. With Brent exceeding $105 and a barrel, and global economic costs are mounting, the question of the war’s cost is imposing itself on American households’ daily lives.

Another lock remains: public opinion massively rejects the idea of ground engagement. The hypothesis of “boots on the ground” remains politically toxic, severely limiting Washington’s strategic room for maneuver.

In other words, the Iranian strategy of attrition seeks less to reverse the military balance of power than to turn a tactical defeat into an internal crisis of confidence in the United States. In this equation, the real battlefield is no longer only the Strait of Hormuz, but the wallet and patience of the American citizen.

American Options and Possible Outcomes

On their side, the United States has won the military phase hands down. The destruction is massive, the Iranian chain of command has been decapitated, ballistic and conventional naval capabilities are largely degraded. This victory is undeniable and documented. Yet they have not found the key to turn this military success into a political gain.

International naval escorts, demining operations, targeted strikes on mine-layers: all these measures are underway, but they do not break the Iranian will to endure. Diplomacy is advancing slowly. An indirect negotiation remains theoretically possible, but it would require Washington to accept a compromise on Iran’s residual capabilities — a politically sensitive point.

As long as internal Iranian loyalty holds, as long as Larijani manages to orchestrate this nuisance without a major fracture, the United States risk getting bogged down in a quagmire where conventional military force alone is no longer enough.

Four outcomes are emerging.

The first, the most probable: the Iranian nuisance successfully erodes American public opinion progressively. Larijani maintains cohesion (street contained, minorities neutralized, Ahmadinejad radicalism channeled, Artesh in reserve). The war stretches over several weeks, economic costs mount, and Washington ends up seeking a negotiated exit.

The second, the riskiest: an internal Iranian fracture (mistrust between Larijani and radicals, street exasperation or ethnic agitation) causes the nuisance strategy to implode before American opinion cracks. The United States then wins quickly, but at the price of unpredictable regional chaos.

The third, the most unpredictable: uncontrolled escalation where radicalism takes over and Washington, faced with chaotic nuisance, finds itself forced into a hasty withdrawal or costly intensification.

The fourth, the most desirable for Washington: the final blow. This morning’s Hegseth-Caine press conference seems to confirm this path: announcement of “the most intense wave of strikes” and direct message to the new Supreme Leader Mojtaba Khamenei. 

It is legitimate to think of an immediate, strong and targeted neutralization of decision centers or a decisive strike on the summit of Iranian power. This course of action would cause the collapse of the regime or its capitulation, in order to break its will to resist once and for all.

Conclusion

The history of the Islamic Republic shows that true centers of gravity are rarely those that one bombs. They are often found in internal resilience and external perception. 

Today, between the corridors of power in Tehran and the loyalty of those who hold the weapons, Iran has chosen to play on the ground where the United States is most vulnerable: time and the economy. 

As long as this equation is not reversed, the proclaimed military victory will remain incomplete. The war continues. And it is now being played out where few bombs can reach.

Nothing rules out that a decisive strike could come as early as this Friday, March 13, in the evening. But as long as the regime holds, the proclaimed victory is not yet the real victory.

#IranWar #Hormuz #Geopolitics #Iran

@ISW @CENTCOM @EliotHiggins @ianbremmer

 


La guerre contre l’Iran

 

 Le vrai front est à Téhéran

 

 « Un État tombe rarement sous les coups de l’ennemi ; il tombe lorsque ses divisions internes deviennent plus fortes que la menace extérieure. »

— Niccolò Machiavelli

 

Nous sommes le 13 mars 2026, quatorzième jour d’un conflit que Washington et Tel Aviv présentent comme déjà remporté. Ali Khamenei père a été éliminé. Plus de 5000 cibles militaires iraniennes ont été traitées. Les capacités balistiques de Téhéran ont chuté de près de 90 % (chiffre officiellement confirmé ce matin par le Département de la Guerre américain lors de la conférence de presse Hegseth-Caine). Le régime a perdu des dizaines de navires et de lanceurs. Pourtant, un missile a encore touché ce matin une zone résidentielle au nord d’Israël. Le trafic dans le détroit d’Ormuz reste réduit de plus de 95 %, le Brent dépasse les 105 dollars le baril, et les coûts économiques mondiaux s’accumulent.

 

Pourquoi cette proclamation de victoire militaire alors que rien n’est terminé ? Parce que les Iraniens ont identifié avec précision le véritable centre de gravité américain : l’opinion publique des États-Unis, vulnérable aux facteurs économiques. Pour l’atteindre, ils ont choisi une stratégie de nuisance assumée et calculée – prolonger la guerre par tous les moyens asymétriques possibles. De l’autre côté, les États-Unis ont bel et bien assuré une victoire militaire indéniable. Mais ils n’ont pas encore trouvé la clé pour mettre fin au conflit.

Ali Larijani : le stratège de la nuisance prolongée

Larijani incarne aujourd’hui la stratégie iranienne la plus dangereuse pour Washington : gagner la guerre du temps. Ancien négociateur nucléaire, ancien président du Parlement, il disposait de l’oreille directe du Guide défunt. Réinstallé en août 2025 au secrétariat du Conseil suprême de la sécurité nationale, il coordonne la réponse opérationnelle. Ses frères ont tissé un réseau institutionnel solide. 

Dans les déclarations des dernières heures, il est celui qui maintient le levier du blocus maritime, qui assure, malgré les difficultés de communication, la continuité avec les unités de l’IRGC encore actives. Il pilote une résistance longue plutôt qu’une confrontation frontale suicidaire.

Mojtaba Khamenei, désigné Guide suprême le 9 mars, reste en retrait. Sa première communication publique du 12 mars est écrite ; les informations concordantes évoquent des blessures dès les premières frappes.

Dans ces conditions, Larijani exerce un rôle décisionnel de fait, celui qui permet précisément de calibrer la nuisance sans basculer dans l’aventurisme.

L’héritage Ahmadinejad et les tensions internes

Face à lui, l’héritage de Mahmoud Ahmadinejad reste vivant. Les sources indépendantes confirment que cette autre personnalité radicale est indemne, placée en sécurité après les premières frappes. Ses partisans demeurent influents parmi les bases populaires et certaines unités dures des Gardiens de la révolution.

Historiquement, Larijani et Ahmadinejad se sont opposés: démission du premier en 2007 face à une ligne jugée trop risquée, affrontements publics entre 2010 et 2013 sur le pouvoir et la corruption. Khamenei père avait alors tranché en faveur de la stabilité institutionnelle.

Cette tension n’a pas disparu. Elle est désormais au cœur du calcul iranien : Larijani doit canaliser cette radicalité populaire pour la mettre au service d’une nuisance prolongée, sans la laisser déraper en décisions incontrôlables.

Les variables critiques 

C’est ici que la loyauté de ceux qui tiennent les armes devient décisive. Et cette loyauté passe par trois variables supplémentaires souvent négligées : la rue iranienne, les minorités ethniques et l’armée régulière (Artesh).

La population subit depuis quatorze jours un choc économique direct – pénuries, inflation, coupures d’électricité, rationnement. Des sources fiables signalent des manifestations limitées mais persistantes dans plusieurs villes autour des questions de survie quotidienne. Ces mouvements rappellent 2019 et 2022 : une fatigue réelle, mais qui, pour l’instant, n’a pas basculé en révolte ouverte.

Le régime parie que la perception d’une résistance nationale face à une agression extérieure peut encore maintenir la cohésion urbaine. Quant aux minorités ethniques – Kurdes, Baloutches, Arabes d’Ahvaz, Turkmènes, Azéris, soit près de 40 % de la population –, des rapports vérifiés font état d’une activité accrue des groupes armés baloutches dans le Sud-Est et d’incidents isolés dans les zones kurdes. Même si une réaction de ces groupes reste possible, elle apparaît hautement improbable dans le contexte actuel en raison de la surveillance étroite du régime et des divisions internes à ces communautés. Leur neutralité ou leur loyauté conditionne néanmoins la stabilité des provinces périphériques, où se situent des sites névralgiques.

Larijani, avec son approche institutionnelle, semble pour l’instant contenir ces fractures ; Ahmadinejad, symbole du populisme des déshérités, pourrait les mobiliser ou les exacerber selon le tournant que prennent les évènements.

À ces deux variables s’ajoute un acteur encore inactif mais potentiellement déterminant : l’armée régulière iranienne (Artesh). Contrairement aux Gardiens de la révolution, l’Artesh n’a pas été directement visée par les premières frappes et conserve l’essentiel de ses capacités conventionnelles (blindés, aviation, infanterie). Elle reste en retrait, fidèle à sa tradition de professionnalisme et de séparation avec l’IRGC. Si Larijani ou le sommet du pouvoir décidait de l’impliquer pleinement – soit pour stabiliser le régime, soit pour une défense plus classique –, elle pourrait devenir le facteur qui fait basculer l’équilibre interne. Sa loyauté (ou une éventuelle neutralité) reste une carte majeure encore non jouée.

Le véritable champ de bataille

Au 13 mars 2026, l’opinion publique américaine semble entrer dans une phase de déphasage critique. Les succès militaires initiaux — élimination d’Ali Khamenei et destruction d’une large partie de l’arsenal balistique — avaient suscité un soutien initial. Mais les perspectives d’un enlisement économique apparaissent désormais comme l’arbitre véritable du conflit.

Les premiers sondages publiés ces derniers jours par Ipsos et Quinnipiac University Poll indiquent une évolution rapide de l’opinion : une majorité relative d’électeurs exprime désormais son opposition à la poursuite de la guerre, tandis qu’une part croissante de la population s’attend à un conflit long.

Dans le même temps, le choc énergétique devient le front intérieur principal. Avec un Brent dépassant les 105 dollars et un prix de l’essence qui s’approche des 6,50 dollars le gallon, la question du coût de la guerre s’impose dans la vie quotidienne des ménages américains.

Un autre verrou apparaît également : l’opinion publique rejette massivement l’idée d’un engagement terrestre. L’hypothèse de « bottes au sol » reste politiquement toxique, limitant considérablement la marge de manœuvre stratégique de Washington.

Autrement dit, la stratégie de nuisance iranienne cherche moins à inverser le rapport de force militaire qu’à transformer une défaite tactique en crise de confiance intérieure aux États-Unis. Dans cette équation, le véritable champ de bataille n’est plus seulement le détroit d’Ormuz, mais le portefeuille et la patience du citoyen américain.

 

Les options américaines et les issues possibles

Les États-Unis, de leur côté, ont remporté haut la main la phase militaire. Les destructions sont massives, la chaîne de commandement iranienne a été décapitée, les capacités balistiques et navales classiques sont largement dégradées. Cette victoire est indéniable et documentée . Pourtant, ils n’ont pas trouvé la clé pour transformer ce succès militaire en gain politique.

Les escortes navales internationales, les opérations de déminage, les frappes ciblées sur les poseurs de mines : toutes ces mesures sont en cours, mais elles ne brisent pas la volonté iranienne de durer. La diplomatie avance lentement. Une négociation indirecte reste théoriquement possible, mais elle suppose que Washington accepte un compromis sur les capacités résiduelles iraniennes – un point politiquement sensible.

Tant que la loyauté interne iranienne tient, tant que Larijani parvient à orchestrer cette nuisance sans fracture majeure, les États-Unis risquent de s’enliser dans un bourbier où la force militaire conventionnelle seule ne suffit plus.

Quatre issues se dessinent.

La première, la plus probable : la nuisance iranienne réussit à éroder progressivement l’opinion publique américaine. Larijani maintient la cohésion (rue contenue, minorités neutralisées, radicalité d’Ahmadinejad canalisée, Artesh en réserve). La guerre s’étire sur plusieurs semaines, les coûts économiques s’alourdissent, et Washington finit par chercher une sortie négociée.

La deuxième, la plus risquée : une fracture interne iranienne (méfiance Larijani-radicaux, exaspération de la rue ou agitation ethnique) fait imploser la stratégie de nuisance avant que l’opinion américaine ne craque. Les États-Unis l’emportent alors rapidement, mais au prix d’un chaos régional imprévisible.

La troisième, la plus imprévisible : escalade incontrôlée où la radicalité reprend le dessus et où Washington, face à une nuisance devenue chaotique, se voit contraint à un retrait précipité ou à une intensification coûteuse.

 

La quatrième, la plus souhaitable pour Washington : l’estocade finale. La conférence de presse Hegseth-Caine de ce matin (13 mars) semble confirmer cette voie : annonce d’une « vague la plus intense de frappes » et message direct au nouveau Guide Mojtaba Khamenei.

Il est légitime de penser à une neutralisation immédiate, forte et ciblée des centres de décision ou à une frappe décisive sur le sommet du pouvoir iranien. Ce mode d'action provoquerait l'effondrement du régime ou sa capitulation, afin de briser définitivement sa volonté de résistance.

 

L’histoire de la République islamique montre que les centres de gravité véritables sont rarement ceux que l’on bombarde. Ils sont souvent dans la résilience intérieure et dans la perception extérieure. 

Aujourd’hui, entre les couloirs du pouvoir à Téhéran et la loyauté de ceux qui tiennent les armes, l’Iran a choisi de jouer sur le terrain où les États-Unis sont les plus vulnérables : le temps et l’économie. 

Tant que cette équation ne sera pas renversée, la victoire militaire proclamée restera incomplète. La guerre continue. Et elle se joue désormais là où peu de bombes peuvent atteindre.

Rien n’exclut qu’un coup décisif intervienne dès ce vendredi 13 au soir. Mais tant que le régime tient, la victoire proclamée n’est pas encore la victoire réelle.

 


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mercredi 11 mars 2026

Iran 2026: What if the Decapitation of the Regime Had Unleashed Its Most Radical Demons?

Iran 2026: What if the Decapitation of the Regime Had Unleashed Its Most Radical Demons?

 In a previous article, I wrote that war is never a linear process. 

In another, I even advanced the hypothesis of a “game over” for the Iranian regime. 

 

But there is one hypothesis that almost no one seems to be looking at.

What if the problem was not the collapse of power… 

but its capture by a new radical generation? 

This hypothesis could precisely explain why the war is still not over.

We are on March 11, 2026. Thirteen days have passed since the American-Israeli strikes of February 28. 

Iranian missiles continue to strike Israel and certain energy facilities in the Gulf. 

Retaliatory strikes continue to target Tehran. 

And despite the decapitation of part of the regime’s hierarchy, no ceasefire is on the horizon. 

Why? 

Because power may not have disappeared. 

It may have been captured — faster and more radically than anyone anticipated — by the generation that had been waiting for its turn for twenty years.

A Frustration Built Up Over Decades

Since the end of the Iran-Iraq War, the Iranian military system has rested on the same generation. The same veterans. The same networks. The same men. 

 

For more than thirty years, the backbone of military power has remained dominated by those who fought in the 1980s. 

For the younger officers of the Islamic Revolutionary Guard Corps, the message has always been the same: wait. Wait for the old guard to step down. Wait for the system to evolve. Wait for their turn. 

But that turn never came. 

Over the years, this waiting turned into generational frustration. 

History always shows the same thing: when a political system freezes for too long, it eventually produces a generation that refuses to wait any longer. A generation that concludes that if history does not move forward, it must be forced.

The Ideological Legacy of Ahmadinejad

It is in this context that a figure many thought was politically buried reappears: Mahmoud Ahmadinejad. 

For years, his current was marginalized within the regime. Too radical. Too unpredictable. Too populist for the religious establishment. 

But ideas never truly disappear in closed political systems. His networks continued to exist: in certain administrations, in conservative university circles, and especially in certain circles of the Islamic Revolutionary Guard Corps. 

For some officers trained in the 2000s and 2010s — now aged 40 to 55 — Ahmadinejad represented a break with the established order. A mixture of religious populism, defiance toward traditional elites, and the idea that confrontation with the West is not a danger but a historical necessity.

The Man Disappears, the Ideology Survives

Information about Ahmadinejad’s personal fate remains confused. His residence was reportedly struck in the first hours of the February 28 operations. Some Iranian media declared him dead, others spoke of a failed assassination attempt. 

 

But at bottom, the question may no longer be about his personal survival. 

Because his ideology may have already outlived him. It has spread among a generation of mid-level officers who never knew the 1979 revolution or the Iran-Iraq War. They knew something else: a frozen system dominated by veterans.

The Moment These Radicals Were Waiting For

February 28, 2026 changed everything. 

Ali Khamenei was killed in the first joint American-Israeli strikes. A few days later, his son Mojtaba Khamenei, 56, was named Supreme Leader by the Assembly of Experts, under strong pressure from the Revolutionary Guards. The IRGC literally forced the hand of the ayatollahs, despite the father’s explicit will. 

Mojtaba is not a traditional cleric. For two decades he has been deeply tied to the security networks. He played a key role in Ahmadinejad’s controversial 2005 election and in the repression of the Green Movement in 2009. In other words, the man who now embodies the summit of the regime is himself a product of the system that feeds this new radical generation.

A Silent Takeover

If this radical generation is advancing within the Revolutionary Guards, it is not doing so through a spectacular coup d’état. It advances differently: through progressive infiltration. A local commander won over to this line. A unit more radical than the others. A decision taken without central approval. 

Little by little, almost invisibly, the internal balance of the regime is transforming. Officially, command remains centralized under Mojtaba. But in practice, the center may end up following the dynamic imposed by the forced decentralization caused by the decapitation of the regime.

When Escalation Becomes a Strategy

For this generation, war can become a tool of internal transformation. The longer the conflict lasts, the more the old structures are weakened, the more mid-level officers become indispensable, the more the radicals gain influence. 

War then becomes a political accelerator. A way to reshuffle the internal cards of power.

The Scenario No One Wants to See

If this dynamic is confirmed, the nature of the conflict changes profoundly. 

We are no longer talking about a state trying to control escalation. We are talking about a system being transformed from within by a generation for whom external confrontation can become an instrument of internal power. 

In that case, the danger is not only war. The danger is the transformation of the regime by war itself.

And What About the Iranian People?

Faced with this radicalization from above, one variable remains widely underestimated: the reaction of the Iranian people themselves. 

The images of spontaneous celebrations in the streets of Tehran, Mashhad, Tabriz and in the diaspora right after the announcement of Ali Khamenei’s death showed that millions of Iranians did not experience this decapitation as a national mourning, but as an unexpected breach in the regime’s wall. 

The major protests of January 2026 never really stopped: they were simply put on hold by the outbreak of war. 

Today, with a Mojtaba even more tied to the IRGC and a new generation of Ahmadinejadist radicals in command, repression risks becoming even harsher. But Iranian history has already proven it several times: the harder the regime cracks down, the more popular anger builds and eventually explodes. Extreme war fatigue, total economic collapse, public executions, widespread internet blackouts… the people are not passive spectators. They could well become the ultimate antidote to the “demons” that the decapitation of the regime has unleashed. 

 

A new wave of internal uprising, this time directed against an even more radicalized and militarized power, remains the most underestimated hypothesis… and perhaps the most dangerous for the young radicals who think they now hold the reins.

Conclusion

Since the beginning of the conflict, most analyses have focused on a single question: What does Tehran want? 

But if power is being captured by this new generation, that question becomes secondary. 

The only question that really matters is this one: who actually controls the weapons today?

Because in history, the most dangerous moments are not those when regimes are strongest. They are those when a new generation decides that its hour has finally come. 

And in Iran, that hour began on February 28, 2026. The war may not be continuing despite the chaos. It may be continuing because it perfectly serves those who are taking power. 

And if this hypothesis proves true?

Then the next question becomes inevitable: how would the United States and Israel react to an Iranian regime that is not weakened… but radicalized by its own generational succession? 

In that case, the war that has just begun may be only the first act of a much deeper transformation of Iranian power… or of its final collapse under the combined pressure of its internal demons and the anger of its own people.

#Iran2026 #IRGC #MojtabaKhamenei #Ahmadinejad #IranWar #Geopolitics #MiddleEast #IranConflict2026 #RadicalIran #SupremeLeader

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Iran 2026 : et si la décapitation du régime avait libéré ses démons les plus radicaux ?

 

 Iran 2026 : et si la décapitation du régime avait libéré ses démons les plus radicaux ?

Dans un précédent article, j’écrivais que la guerre n’est jamais un processus linéaire.

Dans un autre, j’ai même avancé l’hypothèse d’un « game over » pour le régime iranien.

Mais il existe une hypothèse que presque personne ne semble regarder.

Et si le problème n’était pas l’effondrement du pouvoir… mais sa capture par une nouvelle génération radicale ?

Cette hypothèse pourrait précisément expliquer pourquoi la guerre n’est toujours pas terminée.

Nous sommes le 11 mars 2026. Treize jours se sont écoulés depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février.

Les missiles iraniens continuent de frapper Israël et certaines installations énergétiques du Golfe.

Les frappes de riposte continuent de viser Téhéran.

Et malgré la décapitation d’une partie de la hiérarchie du régime, aucun cessez-le-feu n’apparaît à l’horizon. Pourquoi ?

Parce que le pouvoir n’a peut-être pas disparu.

Il a peut-être été capturé — plus vite et plus radicalement que prévu — par la génération qui attendait son heure depuis vingt ans.

Une frustration accumulée pendant des décennies

Depuis la fin de la guerre Iran-Irak, le système militaire iranien repose sur la même génération. Les mêmes vétérans. Les mêmes réseaux. Les mêmes hommes. Pendant plus de trente ans, la colonne vertébrale du pouvoir militaire est restée dominée par ceux qui avaient combattu dans les années 1980.

Pour les officiers plus jeunes du Corps des Gardiens de la révolution islamique, le message a toujours été le même : attendre. Attendre que les anciens se retirent. Attendre que le système évolue. Attendre leur tour. Mais ce tour ne venait jamais.

Au fil des années, cette attente s’est transformée en frustration générationnelle.

Car l’histoire montre toujours la même chose : lorsqu’un système politique se fige trop longtemps, il finit par produire une génération qui refuse d’attendre davantage. Une génération qui conclut que si l’histoire n’avance pas, il faut la forcer.

L’héritage idéologique d’Ahmadinejad

C’est dans ce contexte que réapparaît une figure que beaucoup pensaient politiquement enterrée : Mahmoud Ahmadinejad. Pendant des années, son courant a été marginalisé au sein du régime. Trop radical. Trop imprévisible. Trop populiste pour l’establishment religieux.

Mais les idées ne disparaissent jamais vraiment dans les systèmes politiques fermés. Ses réseaux ont continué d’exister : dans certaines administrations, dans les milieux universitaires conservateurs, et surtout dans certains cercles du Corps des Gardiens de la révolution islamique.

Pour une partie des officiers formés dans les années 2000 et 2010 — aujourd’hui âgés de 40 à 55 ans —, Ahmadinejad incarnait une rupture avec l’ordre établi. Un mélange de populisme religieux, de défiance envers les élites traditionnelles et d’idée que la confrontation avec l’Occident n’est pas un danger mais une nécessité historique.

La disparition de l’homme, la survie de l’idéologie

Les informations concernant le sort personnel d’Ahmadinejad restent d’ailleurs confuses. Sa résidence aurait été frappée lors des premières heures des opérations du 28 février. Certains médias iraniens l’ont déclaré mort, d’autres évoquent une tentative d’élimination manquée. Mais au fond, la question n’est peut-être plus celle de sa survie personnelle.

Car son idéologie lui a peut-être déjà survécu. Elle s’est diffusée chez une génération d’officiers intermédiaires qui n’ont pas connu la révolution de 1979 ni la guerre Iran-Irak. Ils ont connu autre chose : un système figé, dominé par les vétérans.

Le moment que ces radicaux attendaient

Le 28 février 2026 a bouleversé cet équilibre. Ali Khamenei a été tué lors des premières frappes américano-israéliennes conjointes. Quelques jours plus tard, son fils Mojtaba Khamenei, 56 ans, a été désigné Guide suprême par l’Assemblée des experts, sous forte pression des Gardiens de la révolution. L’IRGC a littéralement forcé la main des ayatollahs, malgré le testament explicite du père.

Mojtaba n’est pas un religieux traditionnel. Depuis deux décennies, il est profondément lié aux réseaux sécuritaires. Il a joué un rôle clé dans l’élection controversée d’Ahmadinejad en 2005 et dans la répression du Mouvement vert en 2009. Autrement dit, l’homme qui incarne aujourd’hui le sommet du régime est lui-même issu du système qui nourrit cette nouvelle génération radicale.

Une prise d’influence silencieuse

Si cette génération radicale progresse au sein du Corps des Gardiens, elle ne le fait pas par un coup d’État spectaculaire. Elle avance autrement : par infiltration progressive. Un commandant local acquis à cette ligne.

Une unité plus radicale qu’une autre. Une décision prise sans validation du centre. Et peu à peu, presque invisiblement, l’équilibre interne du régime se transforme.

Officiellement, le commandement reste centralisé sous Mojtaba. Mais dans les faits, le centre peut finir par suivre la dynamique imposée par la décentralisation forcée par la décapitation du régime.

Quand l’escalade devient une stratégie

Pour cette génération, la guerre peut devenir un outil de transformation interne. Plus le conflit dure, plus les structures anciennes sont fragilisées, plus les officiers intermédiaires deviennent indispensables, plus les radicaux gagnent en influence. La guerre devient alors un accélérateur politique. Un moyen de rebattre les cartes internes du pouvoir.

Le scénario que personne ne veut voir

Si cette dynamique se confirme, la nature du conflit change profondément.

On ne parle plus simplement d’un État cherchant à contrôler l’escalade. On parle d’un système en train d’être transformé par une génération pour laquelle la confrontation extérieure peut devenir un instrument de pouvoir interne. Dans ce cas, le danger n’est pas seulement la guerre. Le danger est la transformation du régime par la guerre.

Et le peuple iranien dans tout ça ? Face à cette radicalisation venue d’en haut, une variable reste largement sous-estimée : la réaction du peuple iranien lui-même. Les images de célébrations spontanées dans les rues de Téhéran, de Mashhad, de Tabriz et dans la diaspora juste après l’annonce de la mort d’Ali Khamenei ont montré que des millions d’Iraniens n’ont pas vécu cette décapitation comme un deuil national, mais comme une brèche inattendue dans le mur du régime.

Les grandes manifestations de janvier 2026, qui avaient déjà ébranlé le système, n’ont jamais vraiment disparu : elles ont simplement été mises en sourdine par l’entrée en guerre.

Aujourd’hui, avec un Mojtaba encore plus inféodé à l’IRGC et une nouvelle génération de radicaux ahmadinejadistes aux commandes, la répression risque de devenir encore plus brutale. Mais l’histoire iranienne l’a déjà prouvé à plusieurs reprises : plus le régime durcit le ton, plus la colère populaire s’accumule et finit par explose. Fatigue extrême de la guerre, effondrement économique total, exécutions publiques, coupures d’internet généralisées… le peuple n’est pas un spectateur passif. Il pourrait bien devenir le véritable antidote à ces « démons » que la décapitation du régime a libérés.

Une nouvelle vague de soulèvement interne, cette fois dirigée contre un pouvoir encore plus radicalisé et militarisé, reste l’hypothèse la plus sous-estimée… et peut-être la plus dangereuse pour les jeunes radicaux qui pensent tenir désormais les rênes.

Conclusion

Depuis le début du conflit, la plupart des analyses se concentrent sur une seule interrogation : Que veut faire Téhéran ? Mais si le pouvoir est en train d’être capturé par cette nouvelle génération, cette question devient secondaire.

La seule question qui compte vraiment est celle-ci : qui contrôle réellement les armes aujourd’hui ? Car dans l’histoire, les moments les plus dangereux ne sont pas ceux où les régimes sont les plus forts. Ce sont ceux où une nouvelle génération décide que son heure est enfin venue. Et en Iran, cette heure a commencé le 28 février 2026. La guerre ne se poursuit peut-être pas malgré le chaos. Elle se poursuit peut-être parce qu’elle sert ceux qui sont en train de prendre le pouvoir. Et si cette hypothèse s’avérait juste ?

Alors la question suivante deviendrait inévitable : comment réagiraient les États-Unis et Israël face à un régime iranien non pas affaibli… mais radicalisé par sa propre succession générationnelle ? Car dans ce cas, la guerre qui vient de commencer pourrait n’être que le premier acte d’une transformation beaucoup plus profonde du pouvoir iranien… ou de son effondrement final sous la pression conjuguée de ses démons internes et de la colère de son propre peuple.

#Iran2026 #IRGC #MojtabaKhamenei #Ahmadinejad #JeunesRadicaux #IranWar #Geopolitique #MiddleEast #IranConflict2026 #AxeDeLaResistance

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mardi 10 mars 2026

Is the War Really Over in Iran?

 

Is the War Really Over in Iran?

Many people today struggle to understand the assertion that “the war in Iran is over.” This misunderstanding often stems from a confusion between two distinct levels: the military level and the political level.

From a strictly military standpoint, the war can be considered over as soon as the objectives assigned to the engaged forces have been achieved. For the commanders conducting the operation, the criterion is clear: the targeting list. When all targets that align with the political center of gravity are included on this list and have been struck—infrastructure, command centers, military capabilities—the mission is accomplished. At that point, for the military, the operation is over. The planning and execution have produced the desired effect. The engaged forces have no further actions to carry out: their operational objectives have been met. In other words, the military machine has done its job.

But that does not mean the war is truly over.

For war is not limited to the destruction of military targets. It is also—and above all—a political instrument, as Carl von Clausewitz theorized in On War. Diplomats and political leaders pursue objectives that go far beyond the operational dimension: changing behavior, obtaining concessions, imposing a new balance of power, or transforming a regional equilibrium.

This reality is not new. As far back as Niccolò Machiavelli reminded us in The Prince, it is not enough to conquer a state; one must also know how to preserve it through prudence and skill. That is precisely where the danger of the aftermath lies: the strikes may be over, but the ability to stabilize, preserve, and durably transform the balance of power remains an immense and often underestimated challenge.

Yet these political objectives are not necessarily achieved when the military objectives are. There can even be a profound time lag between the two: the military finishes its mission while the diplomats are only just beginning theirs.

In reality, the military produces effects, while political leaders seek results.

Military objectives are tangible: their effects are visible to everyone. Destroyed bases, neutralized systems, struck infrastructure. The public can see these results immediately. Diplomacy, on the other hand, operates according to a logic of discretion and the long term. Negotiations often take place far from the cameras, through indirect or informal channels, and their effects can only be measured over time.

This is why a paradoxical impression can arise: the war appears to be over on the ground, but it continues in reality on the political level—and especially in the aftermath.

In the end, every war has two different conclusions:

  1. The military end, when the operational objectives have been achieved.
  2. The political end, when the objectives pursued by the state are realized.

Between these two moments, a period of uncertainty can open up where the guns fall silent, but the war is not yet truly over. For in every war, the military closes an operation; only the politicians close the war.

And it is precisely in that interval—between military success and political outcome—that the real fate of the conflict is often decided.

#Iran #Clausewitz #Strategy #InternationalRelations #Defense #Diplomacy #BalanceOfPower

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