dimanche 15 février 2026

 

L’Ère de l’Abondance :

Progrès technologique, rupture sociale et crise du sens

Ce titre n'est pas le fruit d’une spéculation nocturne, mais une réflexion déclenchée par des déclarations concrètes qui agitent le débat public. Par exemple, sur un podcast avec Peter Diamandis" en janvier 2026, Elon Musk a affirmé que l'épargne pour la retraite deviendrait inutile d'ici 10-20 ans, grâce à une abondance inédite propulsée par l'IA, la robotique et les énergies renouvelables d’autres décrivent cette vision comme un "tsunami supersonique" rendant le travail optionnel et la pauvreté obsolète. Cependant, des experts qualifient cela d’absurde, et le juge dangereux en raison de sauts technologiques non prouvés.

A mon sens, nous entrons dans une phase de rupture historique. Non pas une simple évolution technologique, mais un basculement civilisationnel profond. À la lumière des analyses convergentes issues de l’intelligence artificielle, de l’économie et des récentes déclarations de @elonmusk, une évidence s’impose : l’IA et la robotique ne vont pas seulement transformer nos outils, elles vont redéfinir les fondations mêmes de nos sociétés.

La question n’est donc plus de savoir si une ère d’abondance est possible, mais comment l’humanité va traverser cette transition — et à quel prix humain, social et philosophique.

La Fin de la Rareté… et l’Inversion du Pouvoir

Pendant des décennies, la croyance dominante voulait que l’automatisation remplace d’abord le travail manuel avant d’atteindre, plus tard, les fonctions intellectuelles. Cette vision, héritée des révolutions industrielles passées, est aujourd’hui contredite par les faits.

L’IA cible en priorité les postes à fort effet de levier : cadres dirigeants, analystes, consultants, fonctions de coordination et de décision. Une seule décision au niveau stratégique automatisée peut produire davantage de valeur — ou d’économies — que des centaines d’emplois faiblement rémunérés.

Il en résulte une inversion inédite :

·         le sommet est fragilisé avant la base ;

·         la hiérarchie devient instable avant le travail manuel ;

·         la rareté ne porte plus sur l’intelligence, mais sur le jugement et la capacité à donner du sens.

Ce phénomène n’est ni idéologique ni conjoncturel. Il est structurel.

2. La Fin de la Rareté Cognitive

Cette inversion du pouvoir s’explique par un changement plus profond : la disparition progressive de la rareté cognitive.

Pendant des siècles, les institutions — écoles, diplômes, bureaucraties — ont servi à organiser l’accès à une intelligence limitée et inégalement distribuée. Aujourd’hui, l’IA rend cette intelligence abondante, accessible et reproductible à grande échelle.

Dans ce nouveau contexte :

·         les diplômes perdent leur valeur de signal ;

·         l’expérience se périme plus vite que jamais ;

·         l’autorité ne peut plus reposer uniquement sur le statut ou l’ancienneté.

Cela ne rend pas l’humain obsolète. Mais cela signifie que le simple fait de savoir ne suffit plus.

Exemple concret : là où un analyste financier tirait autrefois sa valeur de sa capacité à produire des rapports complexes, l’IA peut désormais générer ces analyses en quelques secondes.

La valeur humaine se déplace alors vers la capacité à poser les bonnes questions, à interpréter les résultats dans un contexte politique, social ou éthique, et à assumer la responsabilité des décisions prises.

La valeur se déplace ainsi du savoir vers le discernement, de l’exécution vers l’orientation, de la compétence vers la sagesse. C’est exactement l’objet du livre de l’auteur : L’art opérationnel : le salut face à l’IA.

3. Abondance Technologique, Fragilité Sociale

Sur le plan technique, l’abondance radicale est plausible : abondance énergétique, robots humanoïdes, biens et services à coût marginal proche de zéro, productivité démultipliée.

L’IA, combinée à la robotique et à une production énergétique massive, peut réduire considérablement la rareté matérielle.

Mais l’histoire nous enseigne une leçon constante : toute révolution technologique crée d’abord un désalignement.

·         la technologie progresse de manière exponentielle ;

·         les institutions évoluent lentement, freinées par le droit, la régulation et l’inertie politique ;

·         la culture humaine change encore plus lentement, car elle touche à l’identité, aux valeurs et au sens.

Ce décalage — déjà observé lors de la révolution industrielle — est aujourd’hui accentué par la vitesse inédite du progrès technologique.

Le véritable danger n’est donc pas le chômage en soi, mais l’incapacité des sociétés à absorber le choc identitaire.

Lorsque le travail, qui structurait la reconnaissance sociale et l’estime de soi, disparaît plus vite que de nouveaux repères symboliques n’émergent, la cohésion sociale s’érode.

4. Le Piège de l’Abondance sans Sens

Une société où :

·         la survie est garantie ;

·         le travail devient optionnel ;

·         l’intelligence est externalisée ;

…doit affronter une question fondamentale : à quoi sert l’être humain ?

L’abondance matérielle ne garantit ni l’épanouissement ni la stabilité. Sans projet collectif, sans responsabilité partagée, sans horizon symbolique, elle peut produire l’ennui, le nihilisme et des tensions sociales profondes.

Le défi du XXIᵉ siècle n’est donc pas uniquement technologique ou économique. Il est philosophique et civilisationnel.

5. Vers un Nouveau Contrat Social

L’ancien contrat implicite · Travail → Revenu → Dignité est en train de se fissurer.

Le contrat qui se dessine devra être fondé sur d’autres piliers :

·         une sécurité matérielle garantie, assurant la dignité indépendamment de l’emploi ;

·         une contribution volontaire, où l’utilité sociale ne se mesure plus uniquement en heures de travail, mais en création, en transmission et en engagement ;

·         un statut social fondé sur la responsabilité, la créativité, la fiabilité et la capacité à donner du sens aux choix collectifs.

Dans ce monde, les humains ne rivaliseront pas avec l’IA sur l’efficacité ou la vitesse, mais sur les valeurs, l’éthique et la direction donnée au progrès.

Conclusion : Ni Utopie, Ni Dystopie

L’avenir qui se dessine n’est ni automatiquement celui de Star Trek, ni fatalement celui de Terminator. Il sera le reflet amplifié de ce que nos sociétés sont déjà.

·         Les sociétés organisées deviendront extraordinairement capables.

·         Les sociétés fragmentées deviendront instables.

·         La clarté morale comptera davantage que l’intelligence brute.

L’ère de l’abondance est possible. Mais elle ne sera ni automatique, ni équitable, ni indolore.

La question n’est plus de savoir si l’IA va tout changer — elle l’a déjà fait.

La seule question encore ouverte est de savoir si l’humanité saura développer la sagesse nécessaire pour contrôler et coexister — et sans subir — sa création la plus puissante.

Alors qu’Elon Musk et de nombreux spécialistes évoquent un horizon de rupture situé entre 10 et 20 ans, la réalité de la résistance humaine et institutionnelle au changement suggère une temporalité différente. Un horizon de 20 à 30 ans semble plus plausible pour que nos structures sociales et nos psychismes absorbent réellement ce choc civilisationnel. Le compte à rebours pour bâtir cette sagesse est donc lancé.

#IA #Abondance #FuturDuTravail #ElonMusk #IntelligenceArtificielle #RuptureSociale #CriseDuSens #Technologie #Philosophie #NouveauContratSocial

@elonmusk @xAI @OpenAI @GoogleDeepMind @AndrewYang @YuvalNoahHarari @timnitGebru @dafirmus

Le lien du livre de l’auteur : dafirmus.gumroad.com/l/vjbct

Références

1.      Podcast "Moonshots with Peter Diamandis" (janvier 2026) – Déclaration d'Elon Musk sur l'abondance et la retraite.

2.      Fortune.com – Description de la vision de Musk comme un "tsunami supersonique".

3.      BusinessInsider.com – Analyse sur l'abondance de ressources grâce à l'IA.

4.      TheStreet.com – Critique d'experts comme Alicia Munnell qualifiant la vision de "nonsense".

5.      Pionline.com (Pensions & Investments) – Avertissements sur les risques pour les retraites.

6.      Moneywise.com – Étiquetage de l'avis de Musk comme "dangerous" en raison de spéculations technologiques.

7.      Gizmodo.com – Scepticisme sur les délais de Musk et ses intérêts en IA.

8.      M.economictimes.com – Allure du "revenu élevé universel" et risques associés.

9.      MarketRealist.com – Reconnaissance des attraits mais stress sur les risques hypothétiques.

10.  Ktla.com – Experts qualifiant l'avis de Musk de "terrible advice" face aux incertitudes.

 


 

 

 

The Era of Abundance:

Technological Progress, Social Rupture, and Crisis of Meaning

This title is not the fruit of a nocturnal speculation, but a reflection triggered by concrete statements that are stirring public debate. For example, on a podcast with Peter Diamandis in January 2026, Elon Musk stated that saving for retirement would become pointless within 10-20 years, thanks to an unprecedented abundance propelled by AI, robotics, and renewable energies. Others describe this vision as a "supersonic tsunami" making work optional and poverty obsolete. However, experts qualify this as absurd, and judge it dangerous due to unproven technological leaps.

In my opinion, we are entering a phase of historical rupture. Not just a simple technological evolution, but a profound civilizational shift. In light of converging analyses from artificial intelligence, economics, and recent statements by @elonmusk, one evidence is clear: AI and robotics will not only transform our tools, they will redefine the very foundations of our societies.

The question is no longer whether an era of abundance is possible, but how humanity will navigate this transition—and at what human, social, and philosophical cost.

1.     The End of Scarcity… and the Inversion of Power

For decades, the dominant belief was that automation would first replace manual labor before reaching intellectual functions later. This view, inherited from past industrial revolutions, is now contradicted by the facts.

AI primarily targets positions with high leverage: executives, analysts, consultants, coordination and decision-making roles. A single automated strategic decision can generate more value—or savings—than hundreds of low-wage jobs.

This results in an unprecedented inversion: · the top is weakened before the base; · hierarchies become unstable before manual labor; · scarcity no longer concerns intelligence, but judgment and the ability to give meaning.

This phenomenon is neither ideological nor circumstantial. It is structural.

2.     The End of Cognitive Scarcity

This inversion of power is explained by a deeper change: the gradual disappearance of cognitive scarcity.

For centuries, institutions—schools, diplomas, bureaucracies—have served to organize access to limited and unevenly distributed intelligence. Today, AI makes this intelligence abundant, accessible, and reproducible on a large scale.

In this new context: · diplomas lose their signaling value; · experience becomes obsolete faster than ever; · authority can no longer rely solely on status or seniority.

This does not make humans obsolete. But it means that simply knowing is no longer enough.

Concrete example: where a financial analyst once derived value from their ability to produce complex reports, AI can now generate these analyses in seconds. The human value then shifts toward the ability to ask the right questions, interpret results in a political, social, or ethical context, and assume responsibility for the decisions made.

Value thus shifts from knowledge to discernment, from execution to orientation, from competence to wisdom. This is exactly the subject of the author's book: The Operational Art: Salvation in the Face of AI.

3.     Technological Abundance, Social Fragility

On the technical level, radical abundance is plausible: energy abundance, humanoid robots, goods and services at near-zero marginal cost, multiplied productivity.

AI, combined with robotics and massive energy production, can significantly reduce material scarcity.

But history teaches us a constant lesson: every technological revolution first creates a misalignment.

·         technology progresses exponentially;

·         institutions evolve slowly, hindered by law, regulation, and political inertia;

·         human culture changes even more slowly, as it touches on identity, values, and meaning.

This gap—already observed during the industrial revolution—is now accentuated by the unprecedented speed of technological progress.

The real danger is therefore not unemployment itself, but societies' inability to absorb the identity shock.

When work, which structured social recognition and self-esteem, disappears faster than new symbolic benchmarks emerge, social cohesion erodes.

4.     The Trap of Abundance Without Meaning

A society where:

·         survival is guaranteed;

·         work becomes optional;

·         intelligence is outsourced;

…must confront a fundamental question: what is the purpose of human beings?

Material abundance guarantees neither fulfillment nor stability. Without a collective project, shared responsibility, or symbolic horizon, it can produce boredom, nihilism, and deep social tensions.

The challenge of the 21st century is therefore not solely technological or economic. It is philosophical and civilizational.

5.     Toward a New Social Contract

The old implicit contract · Work → Income → Dignity is cracking.

The emerging contract must be founded on other pillars:

·         guaranteed material security, ensuring dignity independent of employment;

·         voluntary contribution, where social utility is no longer measured solely in hours of work, but in creation, transmission, and engagement;

·         social status based on responsibility, creativity, reliability, and the ability to give meaning to collective choices.

In this world, humans will not compete with AI on efficiency or speed, but on values, ethics, and the direction given to progress.

Conclusion: Neither Utopia Nor Dystopia

The future unfolding is neither automatically that of Star Trek nor inevitably that of Terminator. It will be an amplified reflection of what our societies already are.

·         Organized societies will become extraordinarily capable.

·         Fragmented societies will become unstable.

·         Moral clarity will matter more than raw intelligence.

The era of abundance is possible. But it will be neither automatic, nor equitable, nor painless.

The question is no longer whether AI will change everything—it already has.

The only open question is whether humanity will develop the wisdom necessary to control and coexist with—and without suffering—its most powerful creation.

While Elon Musk and many experts evoke a rupture horizon between 10 and 20 years, the reality of human and institutional resistance to change suggests a different timeline. A horizon of 20 to 30 years seems more plausible for our social structures and psyches to truly absorb this civilizational shock. The countdown to build this wisdom is therefore underway.

Discover the author's work: Operational Art: The Salvation Against AI

dafirmus.gumroad.com/l/fciiam

#AI #Abundance #FutureOfWork #ElonMusk #ArtificialIntelligence #SocialRupture #CrisisOfMeaning #Technology #Philosophy #NewSocialContract

@elonmusk @xAI @OpenAI @GoogleDeepMind @AndrewYang @YuvalNoahHarari @timnitGebru @dafirmus

References

 

1.      Podcast "Moonshots with Peter Diamandis" (January 2026) – Elon Musk's statement on abundance and retirement.

2.      Fortune.com – Description of Musk's vision as a "supersonic tsunami".

3.      BusinessInsider.com – Analysis on resource abundance thanks to AI.

4.      TheStreet.com – Critics like Alicia Munnell calling the vision "nonsense".

5.      Pionline.com (Pensions & Investments) – Warnings on retirement risks.

6.      Moneywise.com – Labeling Musk's advice as "dangerous" due to technological speculations.

7.      Gizmodo.com – Skepticism on Musk's timelines and his interests in AI.

8.      M.economictimes.com – Allure of "universal high income" and associated risks.

9.      MarketRealist.com – Recognition of attractions but stress on hypothetical risks.

10.  Ktla.com – Experts qualifying Musk's advice as "terrible advice" in the face of uncertainties.

 

samedi 14 février 2026

La fin d’un dogme : le QI n’est plus l’étalon universel

Le Renversement de l’Effet Flynn : déclin cognitif ou adaptation à une nouvelle ère numérique ?

Dans un tweet récent, @Rainmaker1973 attire l’attention sur un phénomène intrigant : le renversement de l’effet Flynn.
Voici un résumé concis des éléments mis en avant :

  • Les scientifiques ont observé un renversement de l’effet Flynn, une tendance historique — sur près de 200 ans — d’augmentation continue du QI moyen et des capacités cognitives d’une génération à l’autre.
  • Pour la première fois, la génération Z (née approximativement entre 1997 et 2012) présente des performances inférieures à celles des générations précédentes en matière d’attention, de mémoire, d’alphabétisation, de fonctions exécutives, de résolution de problèmes et de QI général, malgré un nombre d’années d’éducation plus élevé.
  • Le neuroscientifique Jared Cooney Horvath a témoigné devant un comité du Sénat américain le 15 janvier 2026, attribuant ce recul à l’exposition excessive aux écrans et à l’EdTech en classe, qui favorisent un apprentissage fragmenté plutôt que profond.
  • Les adolescents passent aujourd’hui plus de la moitié de leur temps éveillé devant des écrans ; plusieurs études établissent une corrélation avec des résultats plus faibles en lecture, mathématiques, sciences et raisonnement, créant une « inadéquation structurelle » susceptible d’avoir des effets durables sur la société.
  • Source : témoignage écrit de Horvath (2026).

Ce constat soulève une question alarmante : sommes-nous en train de devenir moins intelligents ?

Mais une autre hypothèse mérite d’être posée : et si nos outils de mesure n’étaient tout simplement plus adaptés à la civilisation numérique actuelle ?

J’irais même plus loin : les programmes scolaires eux-mêmes ne suivent plus l’évolution technologique et cognitive des nouvelles générations. Une observation simple suffit à illustrer ce décalage : combien d’adultes se retrouvent démunis face à un problème informatique ou sur un smartphone, tandis qu’un enfant de 7 ans identifie instinctivement la solution ?

En valeur absolue, la masse de connaissances accessible aujourd’hui dépasse de très loin celle des générations précédentes. Dès lors, une question centrale s’impose : la “grille” de l’effet Flynn est-elle devenue obsolète ?

Avons-nous encore besoin de mesurer l’intelligence principalement à travers les compétences traditionnelles captées par les tests de QI ?

Une évolution cognitive, pas un déclin

Le renversement de l’effet Flynn, observé notamment en Norvège, au Danemark ou au Royaume-Uni, est souvent attribué à des facteurs environnementaux, en particulier l’exposition accrue aux écrans numériques. Plusieurs travaux indiquent que les scores de QI ont commencé à stagner, voire à diminuer, autour de 2010 — période qui coïncide avec la généralisation des smartphones et des tablettes.

Cela ne signifie pas nécessairement un déclin global de l’intelligence humaine. Il pourrait plutôt s’agir d’une transformation des priorités cognitives, adaptée à un monde hyperconnecté, où certaines compétences historiquement valorisées — comme la mémorisation mécanique ou le raisonnement abstrait linéaire — perdent de leur centralité au profit d’autres formes d’habiletés, davantage orientées vers l’interaction avec la technologie et l’accès immédiat à l’information.

L’analogie des muscles est éclairante : solliciter intensément un bras le rend plus fort, sans que l’autre devienne inutilisable. Il suffit de l’entraîner à nouveau pour qu’il retrouve ses capacités. De la même manière, les générations actuelles développent un savoir différent, souvent très performant dans les environnements technologiques. Ce n’est pas un déclin, mais une spécialisation.

La neuroplasticité du cerveau — sa capacité à se réorganiser en fonction de l’environnement — permet cette adaptation. Certes, une exposition excessive aux écrans peut fragmenter l’attention et affaiblir certaines fonctions comme la mémoire de travail. Mais ces effets ne sont ni définitifs ni irréversibles : des pauses numériques et des entraînements cognitifs ciblés montrent que ces capacités peuvent être réactivées. Elles ne disparaissent pas ; elles sont simplement moins sollicitées.

L’IA comme catalyseur d’une nouvelle intelligence

L’essor de l’intelligence artificielle ajoute une dimension décisive à ce débat. L’IA automatise aujourd’hui des tâches autrefois considérées comme des piliers de l’intelligence humaine : calculs complexes, programmation, optimisation de processus. Pourquoi mémoriser des formules ou des procédures quand des outils peuvent les exécuter instantanément ?

Cette automatisation libère des ressources mentales pour des tâches de niveau supérieur : formuler correctement un problème, évaluer la pertinence d’une solution, interpréter des résultats, exercer un jugement critique et innover. Utilisée intelligemment, l’IA peut même améliorer l’apprentissage en réduisant la charge cognitive inutile et en facilitant la compréhension.

Le risque existe néanmoins : celui d’une délégation excessive de la réflexion à la machine. Mais employée comme un amplificateur — et non comme un substitut — l’IA peut renforcer les capacités cognitives au lieu de les affaiblir.

Si le QI ne suffit plus, que faut-il mesurer ?

Si le QI n’est plus l’étalon universel, de nouveaux indicateurs de performance cognitive deviennent indispensables, notamment :

  • La capacité à résoudre des problèmes complexes en s’appuyant sur des outils externes tout en gardant la maîtrise intellectuelle du raisonnement.
  • La créativité assistée par la technologie, c’est-à-dire la faculté à produire des idées nouvelles en interaction avec des systèmes intelligents.
  • La qualité des questions posées, devenue centrale dans un monde où les réponses sont immédiatement disponibles.
  • La capacité d’apprentissage rapide et d’adaptation à des environnements changeants.
  • Le discernement et le jugement critique face à l’abondance d’informations et de solutions automatisées.

Ces dimensions, largement absentes des tests de QI classiques, sont pourtant devenues essentielles dans les environnements professionnels et intellectuels contemporains.

Conclusion : vers un équilibre lucide et optimiste

Le renversement de l’effet Flynn n’est pas une catastrophe, mais un signal. Il marque sans doute la fin d’un dogme : celui du QI comme mesure universelle, intemporelle et suffisante de l’intelligence.

Nos cerveaux ne déclinent pas ; ils s’adaptent à un monde où la technologie et l’intelligence artificielle redéfinissent profondément ce que signifie “être intelligent”. Plutôt que de céder à la panique ou à la nostalgie, il est temps de repenser l’éducation, les critères d’évaluation cognitive et nos attentes collectives.

Les générations futures ne seront pas moins intelligentes.
Elles seront intelligentes autrement — et probablement mieux préparées à un avenir que les anciens outils de mesure peinent encore à saisir.

 Références

  • Flynn effect and its reversal are both environmentally caused – PMC
  • Is the Reverse Flynn Effect — Declining Intelligence — Real? – Mind Matters
  • On the Reverse Flynn Effect – Cal Newport
  • The Reverse Flynn Effect – Developmental Disabilities Association
  • The Negative Flynn Effect: A Systematic Literature Review – ScienceDirect
  • Flynn Effect – Wikipedia
  • A Reverse Flynn Effect: Trends in Six Decades of Neuropsychological Data in a UK High Security Population – Palo Alto University
  • Americans' IQ Scores Are Lower in Some Areas, Higher in One – Northwestern Now
  • The Flynn Effect: A Meta-analysis – PMC
  • The (Reverse) Flynn Effect. Are We Becoming Quasi Intelligent? – Alchlonist, 2025
  • Effects of Excessive Screen Time on Child Development – PMC / NIH
  • Screen Time and the Brain – Harvard Medical School
  • Screen Time and the Developing Brain – University of Rochester Medical Center
  • How Screen Time Affects Children’s Developing Brains – Cedars-Sinai
  • Young Children and Screen-Based Media – ScienceDirect
  • What Screens Are Actually Doing to Your Kid’s Brain
  • The Effects of Screens on Kids and How to Set Limits – Find a Psychologist
  • Screen Usage Linked to Differences in Brain Structure in Young Children
  • How Technology Affects Your Child’s Brain – Young Minds Network
  • Ground-breaking Look at the Impact of Screen Time on Kids’ Brains – YouTube
  • AI in Schools: Pros and Cons – University of Illinois
  • The Pros and Cons of AI in Education
  • Exploring the Effects of AI on Student Well-being – PMC
  • Pros and Cons of AI in the Education Sector – Walden University
  • Rising Use of AI in Schools Comes With Big Downsides – Education Week
  • Artificial Intelligence and the Future of Teaching and Learning – U.S. Department of Education
  • The Impact of AI on Students’ Academic Development – MDPI
  • The Risks of AI in Schools Outweigh the Benefits – NPR
  • AI’s Future for Students Is in Our Hands – Brookings Institution
  • Artificial Intelligence in Education – UNESCO



 

The End of a Dogma: IQ Is No Longer the Universal Standard

The Reversal of the Flynn Effect: Cognitive Decline or Adaptation to a New Digital Era?

In a recent tweet, @Rainmaker1973 draws attention to an intriguing phenomenon: the reversal of the Flynn effect. Here is a concise summary of the key points highlighted:

·         Scientists have observed a reversal of the Flynn effect, a historical trend—spanning nearly 200 years—of continuous increase in average IQ and cognitive abilities from one generation to the next.

·         For the first time, Generation Z (born approximately between 1997 and 2012) performs less well than previous generations in attention, memory, literacy, executive functions, problem-solving, and general IQ, despite more years of education.

·         Neuroscientist Jared Cooney Horvath testified before a U.S. Senate committee on January 15, 2026, attributing this setback to excessive screen exposure and EdTech in classrooms, which promote fragmented rather than deep learning.

·         Adolescents now spend more than half of their waking time in front of screens; several studies establish a correlation with lower results in reading, mathematics, science, and reasoning, creating a "structural mismatch" likely to have lasting effects on society.

·         Source: Horvath's written testimony (2026).

This observation raises an alarming question: are we becoming less intelligent? But another hypothesis deserves consideration: what if our measurement tools are simply no longer suited to the current digital civilization?

I would go even further: school curricula themselves no longer align with the technological and cognitive evolution of new generations. A simple observation illustrates this gap: how many adults find themselves helpless with a computer or smartphone issue, while a 7-year-old child instinctively identifies the solution? In absolute terms, the amount of knowledge now accessible far exceeds that of previous generations.

Therefore, a central question arises: has the "grid" of the Flynn effect become obsolete? Do we still need to measure intelligence primarily through the traditional skills captured by IQ tests?

A Cognitive Evolution, Not a Decline

The reversal of the Flynn effect, observed notably in Norway, Denmark, or the United Kingdom, is often attributed to environmental factors, particularly increased exposure to digital screens. Several studies indicate that IQ scores began to stagnate, or even decline, around 2010—a period coinciding with the widespread adoption of smartphones and tablets.

This does not necessarily mean a global decline in human intelligence. It could instead be a transformation of cognitive priorities, adapted to a hyperconnected world, where certain historically valued skills—such as mechanical memorization or linear abstract reasoning—lose centrality in favor of other abilities, more oriented toward interaction with technology and immediate access to information.

The muscle analogy is illuminating: intensively using one arm makes it stronger, without rendering the other unusable. It just needs to be trained again to regain its capabilities. Similarly, current generations develop different forms of knowledge, often highly effective in technological environments. This is not a decline, but a specialization.

The brain's neuroplasticity—its ability to reorganize based on the environment—allows this adaptation. Certainly, excessive screen exposure can fragment attention and weaken certain functions like working memory. But these effects are neither definitive nor irreversible: digital breaks and targeted cognitive training show that these abilities can be reactivated. They do not disappear; they are simply less exercised.

AI as a Catalyst for a New Intelligence

The rise of artificial intelligence adds a decisive dimension to this debate. AI now automates tasks once considered pillars of human intelligence: complex calculations, programming, process optimization. Why bother memorizing formulas or procedures when tools can execute them instantly?

This automation frees mental resources for higher-level tasks: correctly formulating a problem, assessing the relevance of a solution, interpreting results, exercising critical judgment, and innovating. Used intelligently, AI can even improve learning by reducing unnecessary cognitive load and facilitating understanding.

The risk exists nonetheless: that of excessive delegation of thought to the machine. But when employed as an amplifier—and not as a substitute—AI can strengthen cognitive abilities instead of weakening them.

If IQ Is No Longer Sufficient, What Should We Measure?

If IQ is no longer the universal standard, new indicators of cognitive performance become essential, including:

·         The ability to solve complex problems by relying on external tools while maintaining intellectual mastery of reasoning.
· Creativity assisted by technology, that is, the faculty to produce new ideas in interaction with intelligent systems.
· The quality of questions asked, which has become central in a world where answers are immediately available.
· The capacity for rapid learning and adaptation to changing environments.
· Discernment and critical judgment in the face of abundant information and automated solutions.

These dimensions, largely absent from classic IQ tests, have nevertheless become essential in contemporary professional and intellectual environments.

Conclusion: Toward a Lucid and Optimistic Balance

The reversal of the Flynn effect is not a catastrophe, but a signal. It undoubtedly marks the end of a dogma: that of IQ as a universal, timeless, and sufficient measure of intelligence.

Our brains are not declining; they are adapting to a world where technology and artificial intelligence profoundly redefine what it means to "be intelligent." Rather than succumbing to panic or nostalgia, it is time to rethink education, cognitive evaluation criteria, and our collective expectations.

Future generations will not be less intelligent. They will simply be intelligent differently—and probably better prepared for a future that the measurement frameworks inherited from another era still struggle to capture.

REFERENCES:

  1. Flynn effect and its reversal are both environmentally caused – PMC
  2. Is the Reverse Flynn Effect — Declining Intelligence — Real? – Mind Matters
  3. On the Reverse Flynn Effect – Cal Newport
  4. The Reverse Flynn Effect – Developmental Disabilities Association
  5. The Negative Flynn Effect: A Systematic Literature Review – ScienceDirect
  6. Flynn Effect – Wikipedia
  7. A Reverse Flynn Effect: Trends in Six Decades of Neuropsychological Data in a UK High Security Population – Palo Alto University
  8. Americans' IQ Scores Are Lower in Some Areas, Higher in One – Northwestern Now
  9. The Flynn Effect: A Meta-analysis – PMC
  10. The (Reverse) Flynn Effect. Are We Becoming Quasi Intelligent? – Alchlonist, 2025
  11. Effects of Excessive Screen Time on Child Development – PMC / NIH
  12. Screen Time and the Brain – Harvard Medical School
  13. Screen Time and the Developing Brain – University of Rochester Medical Center
  14. How Screen Time Affects Children’s Developing Brains – Cedars-Sinai
  15. Young Children and Screen-Based Media – ScienceDirect
  16. What Screens Are Actually Doing to Your Kid’s Brain
  17. The Effects of Screens on Kids and How to Set Limits – Find a Psychologist
  18. Screen Usage Linked to Differences in Brain Structure in Young Children
  19. How Technology Affects Your Child’s Brain – Young Minds Network
  20. Ground-breaking Look at the Impact of Screen Time on Kids’ Brains – YouTube
  21. AI in Schools: Pros and Cons – University of Illinois
  22. The Pros and Cons of AI in Education
  23. Exploring the Effects of AI on Student Well-being – PMC
  24. Pros and Cons of AI in the Education Sector – Walden University
  25. Rising Use of AI in Schools Comes With Big Downsides – Education Week
  26. Artificial Intelligence and the Future of Teaching and Learning – U.S. Department of Education
  27. The Impact of AI on Students’ Academic Development – MDPI
  28. The Risks of AI in Schools Outweigh the Benefits – NPR
  29. AI’s Future for Students Is in Our Hands – Brookings Institution
  30. Artificial Intelligence in Education – UNESCO



vendredi 13 février 2026

Bravo l’Algérie, vous avez gagné des batailles

Par Dafir Mustapha @dafirmus

Bravo l’Algérie

Bravo pour ces coups bien placés, ces petites victoires savourées dans l'instant, et cette énergie dépensée depuis 50 ans. Bravo surtout pour avoir cru que ces actions cumulées pourraient ébranler le Maroc. Si elles ont parfois fait mal, elles ont surtout servi de révélateur : exposant vos intentions, mobilisant des alliés inattendus, et renforçant ce qui était censé s’effriter. Depuis 2021, cette rivalité a explosé et s'est jouée sur trois niveaux centraux du Maroc :

  1. au niveau stratégique, le pilier principal, le lien Roi–peuple, socle de stabilité interne ;
  2. au niveau opérationnel, le champ d’influence régional, l’Afrique, où les alliances et événements comme la CAN 2025 jouent un rôle clé ;
  3. au niveau tactique, les actions locales, incidents au Sahel et à la frontière.

À travers ces prismes, vos “gains” apparaissent pour ce qu’ils sont : des succès éphémères qui, ironiquement, ont consolidé la position marocaine.

Bravo pour avoir renforcé le lien Roi–peuple

Chapeau pour l'insistance à viser ce qui fait la force interne du Maroc, ce que l’on peut considérer comme son centre de gravité (CoG) — la source d’où le Maroc tire sa puissance morale, sa liberté d’action et sa capacité à se développer. Cette notion est développée plus en détail dans l’ouvrage de l’auteur (voir fin d’article). Depuis 50 ans, vos campagnes médiatiques et propagandes ont parié sur des fissures : exploitant et gonflant chaque tension sociale ou économique, accusant le Roi de tous les maux. Après la rupture des liens en 2021, vous avez rectifié pour viser directement le lien Roi–peuple. Résultat ? Chaque effort a produit l’effet inverse. Le patriotisme défensif s’est réveillé.

Le séisme d’Al Haouz en 2023, avec près de 3 000 morts et 6 000 blessés, a été géré rapidement et avec transparence par le Roi et les institutions.

Deux ans plus tard, la reconstruction reste exemplaire. Même face aux protestations de la jeunesse en 2025 (GenZ 212) ou aux inondations massives de février 2026 dans le nord-ouest – avec submersion de 110 000 hectares, évacuation de 113 000 à 188 000 personnes, et un plan d'aide de 330 millions USD – la capacité d’absorption du système marocain s’est affirmée : coordination rapide, secours efficaces, mobilisation populaire. Vos efforts pour déstabiliser ce pilier fondamental ont donc été, ironiquement, des accélérateurs de cohésion nationale.

II. Bravo pour la “victoire” au niveau opératif : l’Afrique

Au niveau opératif, vos initiatives en Afrique visaient à contrer l’influence marocaine, mais elles ont eu l’effet contraire. Le Maroc, depuis son retour à l’Union africaine en 2017, a tissé encore plus de partenariats économiques et sécuritaires solides. Vos interventions – médiations ou positions diplomatiques – ont parfois été perçues comme des manœuvres visibles, ce qui a renforcé la légitimité du Maroc.

La CAN 2025, organisée au Maroc, illustre parfaitement ce paradoxe. La victoire sportive du Sénégal a été actée sur le terrain. Mais des incidents périphériques (jets de projectiles, vandalisme, envahissement partiel du terrain) ont transformé l’événement en débat politique.

Parmi les personnes poursuivies pour hooliganisme et violences il y a 18 Sénégalais et un Algérien, ces actes ont alimenté un débat continental sur l'instrumentalisation politique du sport. En Algérie, certains ont salué ces incidents comme une revanche symbolique.

Effet boomerang : la CAF et plusieurs États africains ont renforcé leur soutien au Maroc et sa réputation d’hôte fiable.

Le contraste entre le “bruit” des réseaux sociaux algériens et le “vote” silencieux des diplomates africains en février 2026 est frappant. À l’UA, le Maroc a été élu au Conseil Paix et Sécurité avec 34 votes favorables. En voulant isoler le Maroc, vous avez fini par renforcer sa légitimité continentale.

III. Bravo pour les actions tactiques : le Sahel et la frontière

Vos tentatives plus concrètes ont visé les flux commerciaux et sécuritaires. En janvier 2025, quatre camionneurs marocains ont disparu entre Burkina Faso et Niger. Les embuscades de 2024–2025 au Sahel visaient à perturber le transit vers le Sud. Résultat : ces événements ont déclenché une coopération régionale renforcée. Burkina Faso, Niger et Mali ont amélioré la sécurité des corridors.

Les partenaires internationaux ont accru la coordination avec le Maroc.

Ces incidents ont mis en lumière la stabilité marocaine et accéléré les reconnaissances internationales de la marocanité du Sahara (France 2024, Royaume-Uni 2025…).

Vos actions tactiques ont donc, encore une fois, produit un effet contraire : elles ont ouvert les yeux des partenaires et solidifié les alliances.

Conclusion : gagner des rounds, perdre l’essentiel

Bravo l’Algérie pour ces rounds ponctuels, souvent commentés et surmédiatisés. Mais en fin de compte, le bilan est clair : vos initiatives ont renforcé le Maroc, consolidé son centre de gravité, et clarifié ses alliances régionales et internationales. L’alternative existe : coopérer dans le respect des intérêts communs. Ce serait une vraie avancée pour tous.

Pour aller plus loin Pour une analyse approfondie du centre de gravité (CoG) et de son application aux dynamiques régionales, voir l’ouvrage de l’auteur : [L’Art Opérationnel : le salut face à l’IA], Mustapha Dafir – disponible sur dafirmus.gumroad.com/l/vjbct

 

 



mercredi 11 février 2026

 

De Madrid à l’UMA : le pari de la maturité marocaine face aux crispations régionales

Introduction

Depuis plusieurs mois, le Maroc fait face à des campagnes médiatiques hostiles, répétitives et souvent caricaturales, qui prétendaient fragiliser sa position, isoler ses choix ou semer le doute au sein de sa société. Le résultat a été exactement inverse : ces attaques n’ont fait que renforcer la cohésion nationale et consolider le lien organique entre le Trône et le peuple, dans une confiance réciproque forgée par l’épreuve et la constance.

C’est dans ce climat que s’inscrivent les rencontres de Madrid sur le Sahara marocain. Loin du bruit et des postures excessives, elles s’inscrivent dans une continuité amorcée depuis plusieurs années, marquée par une clarification progressive des positions internationales. Cette évolution doit beaucoup à des décisions courageuses prises à un moment charnière, lorsque certains acteurs internationaux majeurs ont choisi de rompre avec l’ambiguïté pour privilégier la lisibilité et le réalisme, redéfinissant durablement les paramètres du dossier.

Face à cette dynamique, la tentation est grande de répondre aux crispations régionales par la dénonciation frontale. Pourtant, la maturité marocaine invite à une autre voie : celle de la pédagogie, de l’apaisement et de l’accompagnement — non par faiblesse, mais par lucidité.

I. Madrid : une étape de clarification, pas une rupture

Les rencontres de Madrid ne constituent pas une mise en scène diplomatique ni un tournant brutal. Elles ont confirmé une évolution déjà perceptible : le dossier du Sahara n’est plus traité comme un contentieux figé, mais comme une question appelée à une solution réaliste, durable et conforme aux équilibres régionaux.

Le Maroc n’a rien imposé. Il a maintenu le cap, avec constance et clarté, laissant les faits parler d’eux-mêmes. Cette posture tranche avec les approches fondées sur la dramatisation ou la surenchère, qui finissent toujours par se heurter à leurs propres limites.

II. Comprendre les positions algériennes : une nécessité pour durer

Il serait réducteur de lire la position algérienne uniquement à travers le prisme de l’hostilité. L’Algérie est aussi le produit d’une histoire lourde, marquée par les réflexes de la guerre froide, par une culture politique fondée sur la confrontation et par le poids d’une nomenklatura ayant bâti sa légitimité sur des équilibres anciens.

De la même manière, toute solution durable suppose d’entendre les perceptions, les sensibilités, les craintes, les attentes et les récits régionaux et locaux. Les ignorer serait entretenir l’incompréhension ; les absolutiser serait s’éloigner du cadre international. La maturité consiste à les écouter sans remettre en cause les fondements historiques, juridiques et politiques déjà établis.

Comprendre ne signifie ni excuser ni céder. Cela permet simplement de mesurer l’ampleur du défi et la profondeur des blocages.

III. Pédagogie oui, naïveté non : faire face à une résistance de long terme

Le Maroc ne fait pas face à une divergence conjoncturelle, mais à un courant de résistance structuré depuis plus de soixante ans, enraciné dans des représentations politiques, institutionnelles et idéologiques anciennes.

C’est ici que la nuance s’impose : oui à la pédagogie, non à la naïveté. Cette résistance ne s’effacera ni par des gestes symboliques ni par un simple changement de ton. Être pédagogue, c’est expliquer sans relâche, répéter avec constance et avancer sans se laisser entraîner dans l’émotion ou la provocation.

Le temps n’est pas un handicap pour le Maroc ; il est un allié lorsque l’on est sûr de la solidité de sa position.

IV. Le plan d’autonomie : une issue désormais consacrée

Dans ce contexte, le plan d’autonomie proposé par le Maroc s’impose comme l’unique issue crédible et réaliste. Cette réalité a été formellement consacrée par la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui entérine cette approche comme base sérieuse pour le règlement du différend.

Il ne s’agit plus d’un projet défendu par un seul État, mais d’un cadre reconnu autour duquel se structure aujourd’hui l’essentiel du consensus international. Le soutien constant et assumé des États-Unis a joué un rôle déterminant dans cette clarification, en rompant avec les ambiguïtés du passé et en renforçant une dynamique fondée sur le réalisme et la stabilité.

Cette convergence n’a pas pour vocation d’isoler ou d’humilier, mais de sortir d’un statu quo devenu coûteux pour tous.

V. Sahara et avenir maghrébin : une équation indissociable

Dans un monde qui s’organise autour d’ensembles régionaux intégrés, la persistance des blocages maghrébins apparaît comme une anomalie historique. En s’enfermant dans une lecture strictement conflictuelle du dossier du Sahara, l’Algérie se prive d’opportunités économiques, humaines et régionales majeures.

Le Maroc, de son côté, a intérêt à démontrer que la voie de l’autonomie n’est pas une victoire contre un voisin ou contre une population, mais une opportunité de réconciliation, de développement partagé et de projection collective.

Conclusion

De Madrid à l’horizon de l’Union du Maghreb Arabe, le pari marocain est clair : avancer avec patience, constance et hauteur. Être pédagogue sans être naïf. Écouter sans renoncer à l’essentiel.

La véritable réussite ne sera pas celle d’un camp qui triomphe, mais celle d’un Maghreb capable, enfin, de se réconcilier avec son avenir.

La vigilance reste de mise, car le diable est toujours dans le détail.