samedi 14 février 2026

La fin d’un dogme : le QI n’est plus l’étalon universel

Le Renversement de l’Effet Flynn : déclin cognitif ou adaptation à une nouvelle ère numérique ?

Dans un tweet récent, @Rainmaker1973 attire l’attention sur un phénomène intrigant : le renversement de l’effet Flynn.
Voici un résumé concis des éléments mis en avant :

  • Les scientifiques ont observé un renversement de l’effet Flynn, une tendance historique — sur près de 200 ans — d’augmentation continue du QI moyen et des capacités cognitives d’une génération à l’autre.
  • Pour la première fois, la génération Z (née approximativement entre 1997 et 2012) présente des performances inférieures à celles des générations précédentes en matière d’attention, de mémoire, d’alphabétisation, de fonctions exécutives, de résolution de problèmes et de QI général, malgré un nombre d’années d’éducation plus élevé.
  • Le neuroscientifique Jared Cooney Horvath a témoigné devant un comité du Sénat américain le 15 janvier 2026, attribuant ce recul à l’exposition excessive aux écrans et à l’EdTech en classe, qui favorisent un apprentissage fragmenté plutôt que profond.
  • Les adolescents passent aujourd’hui plus de la moitié de leur temps éveillé devant des écrans ; plusieurs études établissent une corrélation avec des résultats plus faibles en lecture, mathématiques, sciences et raisonnement, créant une « inadéquation structurelle » susceptible d’avoir des effets durables sur la société.
  • Source : témoignage écrit de Horvath (2026).

Ce constat soulève une question alarmante : sommes-nous en train de devenir moins intelligents ?

Mais une autre hypothèse mérite d’être posée : et si nos outils de mesure n’étaient tout simplement plus adaptés à la civilisation numérique actuelle ?

J’irais même plus loin : les programmes scolaires eux-mêmes ne suivent plus l’évolution technologique et cognitive des nouvelles générations. Une observation simple suffit à illustrer ce décalage : combien d’adultes se retrouvent démunis face à un problème informatique ou sur un smartphone, tandis qu’un enfant de 7 ans identifie instinctivement la solution ?

En valeur absolue, la masse de connaissances accessible aujourd’hui dépasse de très loin celle des générations précédentes. Dès lors, une question centrale s’impose : la “grille” de l’effet Flynn est-elle devenue obsolète ?

Avons-nous encore besoin de mesurer l’intelligence principalement à travers les compétences traditionnelles captées par les tests de QI ?

Une évolution cognitive, pas un déclin

Le renversement de l’effet Flynn, observé notamment en Norvège, au Danemark ou au Royaume-Uni, est souvent attribué à des facteurs environnementaux, en particulier l’exposition accrue aux écrans numériques. Plusieurs travaux indiquent que les scores de QI ont commencé à stagner, voire à diminuer, autour de 2010 — période qui coïncide avec la généralisation des smartphones et des tablettes.

Cela ne signifie pas nécessairement un déclin global de l’intelligence humaine. Il pourrait plutôt s’agir d’une transformation des priorités cognitives, adaptée à un monde hyperconnecté, où certaines compétences historiquement valorisées — comme la mémorisation mécanique ou le raisonnement abstrait linéaire — perdent de leur centralité au profit d’autres formes d’habiletés, davantage orientées vers l’interaction avec la technologie et l’accès immédiat à l’information.

L’analogie des muscles est éclairante : solliciter intensément un bras le rend plus fort, sans que l’autre devienne inutilisable. Il suffit de l’entraîner à nouveau pour qu’il retrouve ses capacités. De la même manière, les générations actuelles développent un savoir différent, souvent très performant dans les environnements technologiques. Ce n’est pas un déclin, mais une spécialisation.

La neuroplasticité du cerveau — sa capacité à se réorganiser en fonction de l’environnement — permet cette adaptation. Certes, une exposition excessive aux écrans peut fragmenter l’attention et affaiblir certaines fonctions comme la mémoire de travail. Mais ces effets ne sont ni définitifs ni irréversibles : des pauses numériques et des entraînements cognitifs ciblés montrent que ces capacités peuvent être réactivées. Elles ne disparaissent pas ; elles sont simplement moins sollicitées.

L’IA comme catalyseur d’une nouvelle intelligence

L’essor de l’intelligence artificielle ajoute une dimension décisive à ce débat. L’IA automatise aujourd’hui des tâches autrefois considérées comme des piliers de l’intelligence humaine : calculs complexes, programmation, optimisation de processus. Pourquoi mémoriser des formules ou des procédures quand des outils peuvent les exécuter instantanément ?

Cette automatisation libère des ressources mentales pour des tâches de niveau supérieur : formuler correctement un problème, évaluer la pertinence d’une solution, interpréter des résultats, exercer un jugement critique et innover. Utilisée intelligemment, l’IA peut même améliorer l’apprentissage en réduisant la charge cognitive inutile et en facilitant la compréhension.

Le risque existe néanmoins : celui d’une délégation excessive de la réflexion à la machine. Mais employée comme un amplificateur — et non comme un substitut — l’IA peut renforcer les capacités cognitives au lieu de les affaiblir.

Si le QI ne suffit plus, que faut-il mesurer ?

Si le QI n’est plus l’étalon universel, de nouveaux indicateurs de performance cognitive deviennent indispensables, notamment :

  • La capacité à résoudre des problèmes complexes en s’appuyant sur des outils externes tout en gardant la maîtrise intellectuelle du raisonnement.
  • La créativité assistée par la technologie, c’est-à-dire la faculté à produire des idées nouvelles en interaction avec des systèmes intelligents.
  • La qualité des questions posées, devenue centrale dans un monde où les réponses sont immédiatement disponibles.
  • La capacité d’apprentissage rapide et d’adaptation à des environnements changeants.
  • Le discernement et le jugement critique face à l’abondance d’informations et de solutions automatisées.

Ces dimensions, largement absentes des tests de QI classiques, sont pourtant devenues essentielles dans les environnements professionnels et intellectuels contemporains.

Conclusion : vers un équilibre lucide et optimiste

Le renversement de l’effet Flynn n’est pas une catastrophe, mais un signal. Il marque sans doute la fin d’un dogme : celui du QI comme mesure universelle, intemporelle et suffisante de l’intelligence.

Nos cerveaux ne déclinent pas ; ils s’adaptent à un monde où la technologie et l’intelligence artificielle redéfinissent profondément ce que signifie “être intelligent”. Plutôt que de céder à la panique ou à la nostalgie, il est temps de repenser l’éducation, les critères d’évaluation cognitive et nos attentes collectives.

Les générations futures ne seront pas moins intelligentes.
Elles seront intelligentes autrement — et probablement mieux préparées à un avenir que les anciens outils de mesure peinent encore à saisir.

 Références

  • Flynn effect and its reversal are both environmentally caused – PMC
  • Is the Reverse Flynn Effect — Declining Intelligence — Real? – Mind Matters
  • On the Reverse Flynn Effect – Cal Newport
  • The Reverse Flynn Effect – Developmental Disabilities Association
  • The Negative Flynn Effect: A Systematic Literature Review – ScienceDirect
  • Flynn Effect – Wikipedia
  • A Reverse Flynn Effect: Trends in Six Decades of Neuropsychological Data in a UK High Security Population – Palo Alto University
  • Americans' IQ Scores Are Lower in Some Areas, Higher in One – Northwestern Now
  • The Flynn Effect: A Meta-analysis – PMC
  • The (Reverse) Flynn Effect. Are We Becoming Quasi Intelligent? – Alchlonist, 2025
  • Effects of Excessive Screen Time on Child Development – PMC / NIH
  • Screen Time and the Brain – Harvard Medical School
  • Screen Time and the Developing Brain – University of Rochester Medical Center
  • How Screen Time Affects Children’s Developing Brains – Cedars-Sinai
  • Young Children and Screen-Based Media – ScienceDirect
  • What Screens Are Actually Doing to Your Kid’s Brain
  • The Effects of Screens on Kids and How to Set Limits – Find a Psychologist
  • Screen Usage Linked to Differences in Brain Structure in Young Children
  • How Technology Affects Your Child’s Brain – Young Minds Network
  • Ground-breaking Look at the Impact of Screen Time on Kids’ Brains – YouTube
  • AI in Schools: Pros and Cons – University of Illinois
  • The Pros and Cons of AI in Education
  • Exploring the Effects of AI on Student Well-being – PMC
  • Pros and Cons of AI in the Education Sector – Walden University
  • Rising Use of AI in Schools Comes With Big Downsides – Education Week
  • Artificial Intelligence and the Future of Teaching and Learning – U.S. Department of Education
  • The Impact of AI on Students’ Academic Development – MDPI
  • The Risks of AI in Schools Outweigh the Benefits – NPR
  • AI’s Future for Students Is in Our Hands – Brookings Institution
  • Artificial Intelligence in Education – UNESCO



 

The End of a Dogma: IQ Is No Longer the Universal Standard

The Reversal of the Flynn Effect: Cognitive Decline or Adaptation to a New Digital Era?

In a recent tweet, @Rainmaker1973 draws attention to an intriguing phenomenon: the reversal of the Flynn effect. Here is a concise summary of the key points highlighted:

·         Scientists have observed a reversal of the Flynn effect, a historical trend—spanning nearly 200 years—of continuous increase in average IQ and cognitive abilities from one generation to the next.

·         For the first time, Generation Z (born approximately between 1997 and 2012) performs less well than previous generations in attention, memory, literacy, executive functions, problem-solving, and general IQ, despite more years of education.

·         Neuroscientist Jared Cooney Horvath testified before a U.S. Senate committee on January 15, 2026, attributing this setback to excessive screen exposure and EdTech in classrooms, which promote fragmented rather than deep learning.

·         Adolescents now spend more than half of their waking time in front of screens; several studies establish a correlation with lower results in reading, mathematics, science, and reasoning, creating a "structural mismatch" likely to have lasting effects on society.

·         Source: Horvath's written testimony (2026).

This observation raises an alarming question: are we becoming less intelligent? But another hypothesis deserves consideration: what if our measurement tools are simply no longer suited to the current digital civilization?

I would go even further: school curricula themselves no longer align with the technological and cognitive evolution of new generations. A simple observation illustrates this gap: how many adults find themselves helpless with a computer or smartphone issue, while a 7-year-old child instinctively identifies the solution? In absolute terms, the amount of knowledge now accessible far exceeds that of previous generations.

Therefore, a central question arises: has the "grid" of the Flynn effect become obsolete? Do we still need to measure intelligence primarily through the traditional skills captured by IQ tests?

A Cognitive Evolution, Not a Decline

The reversal of the Flynn effect, observed notably in Norway, Denmark, or the United Kingdom, is often attributed to environmental factors, particularly increased exposure to digital screens. Several studies indicate that IQ scores began to stagnate, or even decline, around 2010—a period coinciding with the widespread adoption of smartphones and tablets.

This does not necessarily mean a global decline in human intelligence. It could instead be a transformation of cognitive priorities, adapted to a hyperconnected world, where certain historically valued skills—such as mechanical memorization or linear abstract reasoning—lose centrality in favor of other abilities, more oriented toward interaction with technology and immediate access to information.

The muscle analogy is illuminating: intensively using one arm makes it stronger, without rendering the other unusable. It just needs to be trained again to regain its capabilities. Similarly, current generations develop different forms of knowledge, often highly effective in technological environments. This is not a decline, but a specialization.

The brain's neuroplasticity—its ability to reorganize based on the environment—allows this adaptation. Certainly, excessive screen exposure can fragment attention and weaken certain functions like working memory. But these effects are neither definitive nor irreversible: digital breaks and targeted cognitive training show that these abilities can be reactivated. They do not disappear; they are simply less exercised.

AI as a Catalyst for a New Intelligence

The rise of artificial intelligence adds a decisive dimension to this debate. AI now automates tasks once considered pillars of human intelligence: complex calculations, programming, process optimization. Why bother memorizing formulas or procedures when tools can execute them instantly?

This automation frees mental resources for higher-level tasks: correctly formulating a problem, assessing the relevance of a solution, interpreting results, exercising critical judgment, and innovating. Used intelligently, AI can even improve learning by reducing unnecessary cognitive load and facilitating understanding.

The risk exists nonetheless: that of excessive delegation of thought to the machine. But when employed as an amplifier—and not as a substitute—AI can strengthen cognitive abilities instead of weakening them.

If IQ Is No Longer Sufficient, What Should We Measure?

If IQ is no longer the universal standard, new indicators of cognitive performance become essential, including:

·         The ability to solve complex problems by relying on external tools while maintaining intellectual mastery of reasoning.
· Creativity assisted by technology, that is, the faculty to produce new ideas in interaction with intelligent systems.
· The quality of questions asked, which has become central in a world where answers are immediately available.
· The capacity for rapid learning and adaptation to changing environments.
· Discernment and critical judgment in the face of abundant information and automated solutions.

These dimensions, largely absent from classic IQ tests, have nevertheless become essential in contemporary professional and intellectual environments.

Conclusion: Toward a Lucid and Optimistic Balance

The reversal of the Flynn effect is not a catastrophe, but a signal. It undoubtedly marks the end of a dogma: that of IQ as a universal, timeless, and sufficient measure of intelligence.

Our brains are not declining; they are adapting to a world where technology and artificial intelligence profoundly redefine what it means to "be intelligent." Rather than succumbing to panic or nostalgia, it is time to rethink education, cognitive evaluation criteria, and our collective expectations.

Future generations will not be less intelligent. They will simply be intelligent differently—and probably better prepared for a future that the measurement frameworks inherited from another era still struggle to capture.

REFERENCES:

  1. Flynn effect and its reversal are both environmentally caused – PMC
  2. Is the Reverse Flynn Effect — Declining Intelligence — Real? – Mind Matters
  3. On the Reverse Flynn Effect – Cal Newport
  4. The Reverse Flynn Effect – Developmental Disabilities Association
  5. The Negative Flynn Effect: A Systematic Literature Review – ScienceDirect
  6. Flynn Effect – Wikipedia
  7. A Reverse Flynn Effect: Trends in Six Decades of Neuropsychological Data in a UK High Security Population – Palo Alto University
  8. Americans' IQ Scores Are Lower in Some Areas, Higher in One – Northwestern Now
  9. The Flynn Effect: A Meta-analysis – PMC
  10. The (Reverse) Flynn Effect. Are We Becoming Quasi Intelligent? – Alchlonist, 2025
  11. Effects of Excessive Screen Time on Child Development – PMC / NIH
  12. Screen Time and the Brain – Harvard Medical School
  13. Screen Time and the Developing Brain – University of Rochester Medical Center
  14. How Screen Time Affects Children’s Developing Brains – Cedars-Sinai
  15. Young Children and Screen-Based Media – ScienceDirect
  16. What Screens Are Actually Doing to Your Kid’s Brain
  17. The Effects of Screens on Kids and How to Set Limits – Find a Psychologist
  18. Screen Usage Linked to Differences in Brain Structure in Young Children
  19. How Technology Affects Your Child’s Brain – Young Minds Network
  20. Ground-breaking Look at the Impact of Screen Time on Kids’ Brains – YouTube
  21. AI in Schools: Pros and Cons – University of Illinois
  22. The Pros and Cons of AI in Education
  23. Exploring the Effects of AI on Student Well-being – PMC
  24. Pros and Cons of AI in the Education Sector – Walden University
  25. Rising Use of AI in Schools Comes With Big Downsides – Education Week
  26. Artificial Intelligence and the Future of Teaching and Learning – U.S. Department of Education
  27. The Impact of AI on Students’ Academic Development – MDPI
  28. The Risks of AI in Schools Outweigh the Benefits – NPR
  29. AI’s Future for Students Is in Our Hands – Brookings Institution
  30. Artificial Intelligence in Education – UNESCO



vendredi 13 février 2026

Bravo l’Algérie, vous avez gagné des batailles

Par Dafir Mustapha @dafirmus

Bravo l’Algérie

Bravo pour ces coups bien placés, ces petites victoires savourées dans l'instant, et cette énergie dépensée depuis 50 ans. Bravo surtout pour avoir cru que ces actions cumulées pourraient ébranler le Maroc. Si elles ont parfois fait mal, elles ont surtout servi de révélateur : exposant vos intentions, mobilisant des alliés inattendus, et renforçant ce qui était censé s’effriter. Depuis 2021, cette rivalité a explosé et s'est jouée sur trois niveaux centraux du Maroc :

  1. au niveau stratégique, le pilier principal, le lien Roi–peuple, socle de stabilité interne ;
  2. au niveau opérationnel, le champ d’influence régional, l’Afrique, où les alliances et événements comme la CAN 2025 jouent un rôle clé ;
  3. au niveau tactique, les actions locales, incidents au Sahel et à la frontière.

À travers ces prismes, vos “gains” apparaissent pour ce qu’ils sont : des succès éphémères qui, ironiquement, ont consolidé la position marocaine.

Bravo pour avoir renforcé le lien Roi–peuple

Chapeau pour l'insistance à viser ce qui fait la force interne du Maroc, ce que l’on peut considérer comme son centre de gravité (CoG) — la source d’où le Maroc tire sa puissance morale, sa liberté d’action et sa capacité à se développer. Cette notion est développée plus en détail dans l’ouvrage de l’auteur (voir fin d’article). Depuis 50 ans, vos campagnes médiatiques et propagandes ont parié sur des fissures : exploitant et gonflant chaque tension sociale ou économique, accusant le Roi de tous les maux. Après la rupture des liens en 2021, vous avez rectifié pour viser directement le lien Roi–peuple. Résultat ? Chaque effort a produit l’effet inverse. Le patriotisme défensif s’est réveillé.

Le séisme d’Al Haouz en 2023, avec près de 3 000 morts et 6 000 blessés, a été géré rapidement et avec transparence par le Roi et les institutions.

Deux ans plus tard, la reconstruction reste exemplaire. Même face aux protestations de la jeunesse en 2025 (GenZ 212) ou aux inondations massives de février 2026 dans le nord-ouest – avec submersion de 110 000 hectares, évacuation de 113 000 à 188 000 personnes, et un plan d'aide de 330 millions USD – la capacité d’absorption du système marocain s’est affirmée : coordination rapide, secours efficaces, mobilisation populaire. Vos efforts pour déstabiliser ce pilier fondamental ont donc été, ironiquement, des accélérateurs de cohésion nationale.

II. Bravo pour la “victoire” au niveau opératif : l’Afrique

Au niveau opératif, vos initiatives en Afrique visaient à contrer l’influence marocaine, mais elles ont eu l’effet contraire. Le Maroc, depuis son retour à l’Union africaine en 2017, a tissé encore plus de partenariats économiques et sécuritaires solides. Vos interventions – médiations ou positions diplomatiques – ont parfois été perçues comme des manœuvres visibles, ce qui a renforcé la légitimité du Maroc.

La CAN 2025, organisée au Maroc, illustre parfaitement ce paradoxe. La victoire sportive du Sénégal a été actée sur le terrain. Mais des incidents périphériques (jets de projectiles, vandalisme, envahissement partiel du terrain) ont transformé l’événement en débat politique.

Parmi les personnes poursuivies pour hooliganisme et violences il y a 18 Sénégalais et un Algérien, ces actes ont alimenté un débat continental sur l'instrumentalisation politique du sport. En Algérie, certains ont salué ces incidents comme une revanche symbolique.

Effet boomerang : la CAF et plusieurs États africains ont renforcé leur soutien au Maroc et sa réputation d’hôte fiable.

Le contraste entre le “bruit” des réseaux sociaux algériens et le “vote” silencieux des diplomates africains en février 2026 est frappant. À l’UA, le Maroc a été élu au Conseil Paix et Sécurité avec 34 votes favorables. En voulant isoler le Maroc, vous avez fini par renforcer sa légitimité continentale.

III. Bravo pour les actions tactiques : le Sahel et la frontière

Vos tentatives plus concrètes ont visé les flux commerciaux et sécuritaires. En janvier 2025, quatre camionneurs marocains ont disparu entre Burkina Faso et Niger. Les embuscades de 2024–2025 au Sahel visaient à perturber le transit vers le Sud. Résultat : ces événements ont déclenché une coopération régionale renforcée. Burkina Faso, Niger et Mali ont amélioré la sécurité des corridors.

Les partenaires internationaux ont accru la coordination avec le Maroc.

Ces incidents ont mis en lumière la stabilité marocaine et accéléré les reconnaissances internationales de la marocanité du Sahara (France 2024, Royaume-Uni 2025…).

Vos actions tactiques ont donc, encore une fois, produit un effet contraire : elles ont ouvert les yeux des partenaires et solidifié les alliances.

Conclusion : gagner des rounds, perdre l’essentiel

Bravo l’Algérie pour ces rounds ponctuels, souvent commentés et surmédiatisés. Mais en fin de compte, le bilan est clair : vos initiatives ont renforcé le Maroc, consolidé son centre de gravité, et clarifié ses alliances régionales et internationales. L’alternative existe : coopérer dans le respect des intérêts communs. Ce serait une vraie avancée pour tous.

Pour aller plus loin Pour une analyse approfondie du centre de gravité (CoG) et de son application aux dynamiques régionales, voir l’ouvrage de l’auteur : [L’Art Opérationnel : le salut face à l’IA], Mustapha Dafir – disponible sur dafirmus.gumroad.com/l/vjbct

 

 



mercredi 11 février 2026

 

De Madrid à l’UMA : le pari de la maturité marocaine face aux crispations régionales

Introduction

Depuis plusieurs mois, le Maroc fait face à des campagnes médiatiques hostiles, répétitives et souvent caricaturales, qui prétendaient fragiliser sa position, isoler ses choix ou semer le doute au sein de sa société. Le résultat a été exactement inverse : ces attaques n’ont fait que renforcer la cohésion nationale et consolider le lien organique entre le Trône et le peuple, dans une confiance réciproque forgée par l’épreuve et la constance.

C’est dans ce climat que s’inscrivent les rencontres de Madrid sur le Sahara marocain. Loin du bruit et des postures excessives, elles s’inscrivent dans une continuité amorcée depuis plusieurs années, marquée par une clarification progressive des positions internationales. Cette évolution doit beaucoup à des décisions courageuses prises à un moment charnière, lorsque certains acteurs internationaux majeurs ont choisi de rompre avec l’ambiguïté pour privilégier la lisibilité et le réalisme, redéfinissant durablement les paramètres du dossier.

Face à cette dynamique, la tentation est grande de répondre aux crispations régionales par la dénonciation frontale. Pourtant, la maturité marocaine invite à une autre voie : celle de la pédagogie, de l’apaisement et de l’accompagnement — non par faiblesse, mais par lucidité.

I. Madrid : une étape de clarification, pas une rupture

Les rencontres de Madrid ne constituent pas une mise en scène diplomatique ni un tournant brutal. Elles ont confirmé une évolution déjà perceptible : le dossier du Sahara n’est plus traité comme un contentieux figé, mais comme une question appelée à une solution réaliste, durable et conforme aux équilibres régionaux.

Le Maroc n’a rien imposé. Il a maintenu le cap, avec constance et clarté, laissant les faits parler d’eux-mêmes. Cette posture tranche avec les approches fondées sur la dramatisation ou la surenchère, qui finissent toujours par se heurter à leurs propres limites.

II. Comprendre les positions algériennes : une nécessité pour durer

Il serait réducteur de lire la position algérienne uniquement à travers le prisme de l’hostilité. L’Algérie est aussi le produit d’une histoire lourde, marquée par les réflexes de la guerre froide, par une culture politique fondée sur la confrontation et par le poids d’une nomenklatura ayant bâti sa légitimité sur des équilibres anciens.

De la même manière, toute solution durable suppose d’entendre les perceptions, les sensibilités, les craintes, les attentes et les récits régionaux et locaux. Les ignorer serait entretenir l’incompréhension ; les absolutiser serait s’éloigner du cadre international. La maturité consiste à les écouter sans remettre en cause les fondements historiques, juridiques et politiques déjà établis.

Comprendre ne signifie ni excuser ni céder. Cela permet simplement de mesurer l’ampleur du défi et la profondeur des blocages.

III. Pédagogie oui, naïveté non : faire face à une résistance de long terme

Le Maroc ne fait pas face à une divergence conjoncturelle, mais à un courant de résistance structuré depuis plus de soixante ans, enraciné dans des représentations politiques, institutionnelles et idéologiques anciennes.

C’est ici que la nuance s’impose : oui à la pédagogie, non à la naïveté. Cette résistance ne s’effacera ni par des gestes symboliques ni par un simple changement de ton. Être pédagogue, c’est expliquer sans relâche, répéter avec constance et avancer sans se laisser entraîner dans l’émotion ou la provocation.

Le temps n’est pas un handicap pour le Maroc ; il est un allié lorsque l’on est sûr de la solidité de sa position.

IV. Le plan d’autonomie : une issue désormais consacrée

Dans ce contexte, le plan d’autonomie proposé par le Maroc s’impose comme l’unique issue crédible et réaliste. Cette réalité a été formellement consacrée par la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui entérine cette approche comme base sérieuse pour le règlement du différend.

Il ne s’agit plus d’un projet défendu par un seul État, mais d’un cadre reconnu autour duquel se structure aujourd’hui l’essentiel du consensus international. Le soutien constant et assumé des États-Unis a joué un rôle déterminant dans cette clarification, en rompant avec les ambiguïtés du passé et en renforçant une dynamique fondée sur le réalisme et la stabilité.

Cette convergence n’a pas pour vocation d’isoler ou d’humilier, mais de sortir d’un statu quo devenu coûteux pour tous.

V. Sahara et avenir maghrébin : une équation indissociable

Dans un monde qui s’organise autour d’ensembles régionaux intégrés, la persistance des blocages maghrébins apparaît comme une anomalie historique. En s’enfermant dans une lecture strictement conflictuelle du dossier du Sahara, l’Algérie se prive d’opportunités économiques, humaines et régionales majeures.

Le Maroc, de son côté, a intérêt à démontrer que la voie de l’autonomie n’est pas une victoire contre un voisin ou contre une population, mais une opportunité de réconciliation, de développement partagé et de projection collective.

Conclusion

De Madrid à l’horizon de l’Union du Maghreb Arabe, le pari marocain est clair : avancer avec patience, constance et hauteur. Être pédagogue sans être naïf. Écouter sans renoncer à l’essentiel.

La véritable réussite ne sera pas celle d’un camp qui triomphe, mais celle d’un Maghreb capable, enfin, de se réconcilier avec son avenir.

La vigilance reste de mise, car le diable est toujours dans le détail.

 

mercredi 26 juillet 2017

Le synopsis de mon prochain livre sur la stratégie.

Politique (policy), géopolitique, géostratégie, stratégie, concept, doctrine, mode d’action, centre de gravité, art opérationnel et tactique sont autant d’expressions, le plus souvent galvaudées, mercantilisées et utilisées non seulement par les militaires mais aussi par les civils, notamment les économistes. La politique d’une entreprise, la géostratégie des médias la planification stratégique, la tactique de l’équipe nationale de football…sont quelques exemples d’utilisation tous azimuts de ces termes.
Le mot stratégie est en vogue partout, il est mariné à toutes les sauces. La stratégie fascine les politiciens, les militaires, les décideurs, les managers…la doctrine, par contre, fait peur et l’art opérationnel est un mystère pour les non-initiés. Les enchères mercantiles et le battage médiatique dans les milieux de l’entreprise ou des armées, ont vidé ces concepts de leurs acceptions premières. D’ailleurs, en 1962, le général français, André Beaufre, disait dans son ouvrage « Vue d’ensemble de la stratégie » : « Si le nom de stratégie est souvent employé, les réalités qu’il recouvre sont généralement ignorées. C’est certainement l’un des termes courants dont le sens est moins bien connu ».
Sauriez-vous honnêtement, définir la stratégie ? Posez-vous cette question et même autour de vous ! Vous allez vous rendre compte, qu’il y a autant de réponses que d’individus, même parmi les plus érudits d'entre eux.
Depuis 2001 et dans une optique de clarification, je me suis lancé dans la recherche et j’ai écrit des articles sur la doctrine et la stratégie, dans le but de donner à ces disciplines leurs vrais sens.
Est-ce à dire pour cela qu’il n’y a pas une articulation et une définition claires et limpides pour chacune de ces expressions ? notre réponse est sans équivoque : incontestablement, il existe des explications sémantiques et conceptuelles claires.
En effet, la stratégie, partant d’une idée visant la résolution d’un problème ou le développement d’une organisation, est la volonté de fixer un objectif, en conséquence, et d’agir en vue de l’atteindre, dans un environnement donné et que tous les termes évoqués, plus haut, ne sont que stratégie, ou bien, ils entrent dans l’une de ses composantes.  La confusion est plutôt liée à la commercialisation à outrance de ces concepts et à la non-prise en compte, dans toutes les explications, des niveaux de décision, de conception et de planification.
La doctrine est l’assise du début du raisonnement et de l’action, elle est la marque indélébile de l’organisation, sans pour autant qu’elle soit un dogme, qui bride la créativité et l’initiative.
Diffèrent du niveau opératif et de l’opératique, l’art opérationnel/opératif est le primat de la créativité et de l’intuition du chef à tous les niveaux de responsabilités. S’agissant de la planification, elle représente un élément essentiel dans le déroulement de la stratégie pour transformer la vision, en intention, puis en actions applicables au plus bas de l’échelle sans omettre aucun détail.
         Sans prétendre vouloir inventer des définitions ou des concepts, l’essai, qui sera publié au Maroc, au mois de septembre 2017, tentera d’apporter des réponses, permettant d’éclairer d’une manière appréciable toutes les notions relatives à la stratégie, à la doctrine, à l’art opérationnel/opératif et à la planification. Aidant par-là, tous ceux, qui étaient, comme nous, dans la confusion : En analysant en profondeur, d’abord les définitions des termes en question comme base de réflexion ; Puis en tirant de ces définitions les fondements et les racines de la stratégie en général ; Ensuite en essayant de mettre en exergue les sources de confusions, l’articulation et la composition de la stratégie, de la doctrine et de l’art opérationnel/opératif dans leurs applications dans les domaines militaires et civils. Enfin, tout en définissant les bases de la planification nous allons étaler le processus qui encadre l’action d’une organisation ou d’une entreprise.
          Tout le long de cet essai, comme un fil rouge, l’essai insistera sur la normalisation de la « grammaire stratégique » et montrera le rôle, qu’elle joue dans la décision, la conception, la planification et de la mise en œuvre de l’action des organisations.
          le synopsis de mon prochain livre sur la stratégie, qui sortira en septembre 2017.

lundi 14 novembre 2016

La gouvernance des media, les manipulateurs manipulés

Les partis politiques, les média… ont un rôle d’objecteurs de conscience, d’éducateurs de l’opinion publique, de faiseurs de rois, entre autres. Les politiciens utilisent les média à des fins politiques et les media utilisent les politiciens à des fins mercantiles. Un échange de bons services, une bonne image contre un espace publicitaire. C’est l’équation qui régissait cette relation, depuis un certain temps. Cette relation était gouvernée par un échange d’intérêts, en vue d’influencer l’opinion publique (la terminologie politiquement correcte).
Cependant la concurrence et la tentation de gagner plus et vite, ont fait que réellement on se manipule les uns les autres. Le Brexit, les élections américaines présidentielles de 2016 sont des exemples patents de cette mutation d’éclairer, d’informer, d’influencer l’opinion publique à la  manipuler.
Auparavant et dans tous les pays, il y avait quelques journaux indépendants qui informaient, éduquaient et distrayaient le peuple et par la même, ils véhiculaient l’image plus au moins édulcorée des politiciens. On a évolué par la suite, vers l’organe de presse du parti, vers l’agence de presse de l’état, qui avaient pour mission de formater l’opinion publique. La vitesse supérieure a été enclenchée avec l’avènement de la télévision. On se rappelle des téléspectateurs assis devant leurs petits écrans regardant et écoutant religieusement le JT du soir. De l’endoctrinement à outrance, on nous dictait ce qu’on doit penser, manger, porter, acheter, fustiger, encenser…les pauvres citoyens, spectateurs, auditeurs, lecteurs…sont à la merci de ceux qui contrôlent ce pouvoir. On est passé de l’ère de l’information, à l’ère de la communication. On est passé de l’ère des politiciens au service des citoyens, à l’ère des citoyens au service des politiciens. Car un autre acteur est entré en jeu, il s’agit des détenteurs de capitaux « Moul Choukara ». Ces derniers, en vue de sécuriser et fructifier leurs capitaux, ont créé des pôles de média « indépendants », certainement pas pour briser le monopole des états et des partis, en matière d’information, mais plutôt pour influencer directement les politiciens et les consommateurs. Ainsi, des modèles économiques, politiques, industriels, culturels… ont vu le jour.
On s’est accommodé à cette situation façonnée par la publicité et les sondages. Les politiciens sont devenus des entrepreneurs et les entrepreneurs des politiciens, et notre pauvre citoyen consomme ce qu’on lui dit de consommer en tout. Pour amuser la galerie et animer le marché de la consommation, on a créé la société civile, des associations de toutes sortes, des ONG spécialisées dans tous les domaines, des syndicats, des conseils de ci et de ça...des féodalités au service des castes, somme toute
Les « spécialistes » sur les plateaux télé, sur les talk-shows, à la radio et sur les colonnes des journaux, essayent de nous décoder les règles du jeu de la société. L’incrédulité du consommateur a des limites. Des voix par ci et par la dénoncent la manipulation. Et même cette dénonciation est orientée, un tel pamphlet au service de tel acteur politique, économique ou médiatique, critique les agissements d’un autre acteur. La majorité des citoyens n’y voit que du feu.
La manipulation est aussi vielle que l’humanité, d’ailleurs Sun Tzu disait, il y a 25 siècles : « Vous profiterez de la dissension qui surgit chez vos ennemis pour attirer les mécontents dans votre parti en ne leur ménageant ni les promesses, ni les dons, ni les récompenses. ». Les « spécialistes », à la recherche de la performance, dans l’emploi des modèles proposés, ont puisé dans le vocabulaire et les pensées militaires. Ainsi, la stratégie militaire a été employée à outrance dans le marketing.
Les stratèges, tels que Jomini, Mahan… étaient en mesure de théoriser, avec un certain succès, sur des outils assurant la victoire d’une guerre.
De même, avant 1971, les économistes étaient des gourous des stratégies économiques et ils fournissaient aux pays, clé-en-main, les recettes de la croissance économique.
 « La décision prise par le président Nixon le 15 août 1971 a marqué la fin du système imaginé à Bretton Woods à la fin de la guerre». C'est la fin de l’indexation du dollar sur l’or.
 Depuis cette décision historique, les économistes ont perdu de leurs pouvoirs magiques, ils sont devenus des navigateurs à vue, qui gèrent la conjoncture avec plus au moins de bonheur.
Depuis lors, la masse du savoir a augmenté, à tel point qu’il est devenu impossible aux « spécialistes » de mettre en équation leurs solutions, ils sont alors moins sûr de l’opportunité d’adoption de telle ou telle stratégie.
Avec la montée en puissance de l’informatique dans le début des années 2000, tout le monde pensait que grâce à l’informatique, le développement de modèles prédéterminés, était le graal devant leur fournir des solutions réalisables.
Depuis le début de ce siècle et dans un monde globalisé, cette fièvre a touché la plupart des pays ainsi que les organisations internationales. Du coup, dans le monde de l’entreprise et dans les cénacles des états, sont apparus des théories, des essais, des écrits, des applications informatiques… qui ont conduit les décideurs à adopter telle ou telle démarche déterministe.
On a vu fleurir les sociétés de conseils, qui, grâce à leurs marqueteurs et à coup de présentations PowerPoint, vendent, clé-en-main, des solutions et des stratégies. Si les récipiendaires n’ont pas prévu, dans le contrat la clause service après-vente, elles auront inéluctablement des difficultés à faire face aux imprévus. C’est la raison pour laquelle des projets étatiques ou d’entreprises capotent. Le camp Republication, pour les élections du 8 novembre 2016, qui a acheté certainement une stratégie de communication, l’a appris à ses dépens.
 Les algorithmes ayant présidé au développement de ces modèles, orientent la recherche dans un sens binaire, tel le modèle de Newton (action/réaction) : nous-eux ; bons-mauvais ; amis-adversaires… la réalité sur le terrain a dévoilé, la complexité de la modélisation de l’environnement actuel et l’existence d’une zone grise, qu’il a lieu de prendre en considération lors de l’établissement des stratégies. Il n’y a pas une réponse avec « oui » ou « non » mais il y a aussi d’autres réponses possibles : « oui-mais » et « non-mais » …
La modélisation n’est pas en mesure actuellement de prendre en compte tous les facteurs influents, qu’il s’agisse d’opinion publique, de météorologie, d’art opérationnel ou autre.
Le référendum sur le maintien ou la sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe, BREXIT, est une illustration des tares de la modélisation. Dans ce cas, c’est l’opinion publique britannique, que les instituts de sondage pensaient mettre en équation, et la veille de ce scrutin, ils prédisaient une victoire de 52% des pro-européens. Le résultat nous le connaissons maintenant, est tout autre, quoiqu’il soit d’usage, d’admettre une marge d’erreur de 3% des instituts de sondage. Pourquoi donc ce fiasco ? Les réseaux sociaux et les chaines d’information en continue, alimentent les instituts de sondage en avis réconfortant leurs modèles et ces mêmes réseaux et chaines tournent en boucles les résultats des sondeurs. Ces milieux sont déconnectés des vrais gens comme les a qualifié Nigel Farage, le chef du parti UKIP. En effet, l’erreur de ces sondeurs, est d’avoir oublié les eurosceptiques, lecteurs du journal « The SUN ». Ce journal avec un tirage de 2,5 millions d’exemplaires, avait fait campagne pour la sortie de la GB de l’Union Européenne. Il touche une population âgée, autre que celle des réseaux sociaux et qui vote effectivement, d’où les résultats obtenus.
De même, ces réseaux sociaux ont assuré l’élection de Donald Trump, un autre exemple du fiasco du déterminisme. En effet, les stratèges de la politique et des média classiques se sont rendu compte de leur perte d’influence sur l’opinion publique, ont tout fait (une constatation et non une preuve tangible) pour décrédibiliser ce vecteur de l’information. Comment ? en l’inondant de rumeurs et de fausses informations par des articles ciblés. D’ou la perte de confiance dans les informations véhiculées par les réseaux sociaux et internet en général. Lors des primaires du parti démocratique américain on a vu sortir un extraterrestre de nulle part, Bernie Sanders. Il a donné du fil à retordre à la favorite du parti et des média, en misant sur les couches sociales sensibles aux inégalités et sur les réseaux universitaires pour séduire les étudiants. Du populisme enveloppé dans un habit socialiste aurait pu gagner, s’il avait pensé utiliser en plus un autre Media. Trump a désarçonnée tous ses concurrents républicains en étant intrépide et par un message populiste simple et audible, ciblant les oubliés du système. Il a profité des éléments de réussite de la campagne de Sanders et surtout il a brouillé l’argumentaire de Hillary Clinton auprès des intellectuels, en utilisant le « darkweb », le « deepweb », le « Darknet » l’autre internet, celui des inities, la face cachée du net qui reste relativement crédible. C’est pourquoi un grand nombre de blancs d’un niveau d’éducation universitaire a voté pour Trump.
Tout le long de l’histoire, on a manipulé l’opinion publique successivement par les journaux, les radios, les agences de presse, les télévisions, l’internet, le darknet…celui qui a trouvé le bon dosage et le medium adéquat pour chaque cible gagne le pari.
Avec ces exemples de différents milieux, combien même, les cassandres peuvent se réjouir à dire que personne ne saurait être capable de déterminer une stratégie, une solution gagnante. Nous ne sommes pas dans le dédain de la théorie et nous pensons que le gap est de 10 à 30 pc entre la doctrine (ce qui est déterminé) et la stratégie (ce qu’on cherche à déterminer) se rétrécit chaque jour un peu plus, par des avancées scientifiques. Les modèles informatiques sont loin d’être l’alpha et l’oméga de la mise en œuvre de la stratégie gagnante. L’improvisation de l’homme a de beaux jours devant elle pour faire du leader un élément central dans la prise de décision, particulièrement dans les moments les plus critiques.
L’homme, en tant que décideur, a le libre arbitre qui le différencie de l’animal et de la machine. Ce libre choix éloigne chaque individu sensé du déterminisme et du fatalisme, pour décider quelle voie suivre. Sauf que des hommes manipulent en masse les sentiments, les jugements, les goûts… de leurs semblables par le biais des média. Les média à leur tour manipulent les donneurs d’ordres.
À nous de faire attention à ce que nous lisons, écoutons et regardons. Une règle simple comme chez les médecins chercher un ou plusieurs avis éclairés avant de décider de s’allonger sur le billard.
Restons conscients avant que l’on nous endorme avec notre accord, sinon on va inéluctablement nous endormir malgré nous et après nous allons se réveiller inconscients et mis devant le fait accompli.


samedi 17 septembre 2016

Le programme chiffré


Un Projet de société fixe les desseins nationaux suprêmes, c’est une vision qui conduira aux choix doctrinaires et stratégiques et partant, déterminer le rôle et la place qu’on veut donner au pays (ou à l’entreprise) dans le concert des nations (ou dans le monde des affaires).
Après la définition de son projet politique, tout gouvernement déclare périodiquement la manière par laquelle il envisage de le réaliser : c’est sa politique, c’est la stratégie nationale. C’est une stratégie globale, c’est un cadre de référence, qui prend en compte tous les facteurs de puissance de l’organisation et fait participer, en fonction des moyens, tous ses domaines d’excellence, à la politique envisagée.
À partir des orientations de la stratégie nationale, sont développées des options stratégiques par domaine d’action : économique, militaire, diplomatique, culturel, industriel, etc.
Pour chaque domaine, l’option stratégique définit les dispositions générales d'emploi des forces (instruments de puissance) économiques, militaires, diplomatiques, culturelles, industrielles etc., dans le cadre de la stratégie nationale. Elle propose un ensemble de voies, moyens et modalités pour atteindre les objectifs politiques, de manière préventive, participative ou vigoureuse.
Les options stratégiques sont à la base de la stratégie générale économique, diplomatique, militaire, culturelle, industrielle etc. Cette stratégie exprime la politique sectorielle : la politique économique, la politique de défense, la politique diplomatique, la politique culturelle, la politique industrielle etc.  Elle régit la conception, la mise sur pied, l'organisation et la mise en œuvre des moyens de la nation dans le cadre de la stratégie nationale.  Ce niveau s'intéresse à la préparation et à la conduite des opérations économiques, militaires, diplomatiques, culturelles, industrielles etc., sur le volet à la fois opérationnel et capacitaire.
C’est à ce niveau qu’est organisée la contribution des forces nationales (ou de l’organisation) par domaine à la stratégie nationale (ou de l’organisation) mise en œuvre par le gouvernement (ou le leadership).
La stratégie opérationnelle, découlant de la stratégie générale économique, diplomatique, militaire, culturelle, industrielle etc., définit les principes et les modalités d'emploi des forces nationales (ou de l’organisation).
La stratégie opérationnelle met en œuvre les instruments de puissance nationaux (ou de l’organisation), en cas de nécessité. Elle développe par anticipation les hypothèses d’engagement de ses instruments, l’organisation et les modes d’actions envisagés pour atteindre l’objectif politique.
Les niveaux de la stratégie opérationnelle sont les niveaux dans lesquels sont conçus, planifiés, conduits et soutenus les engagements des instruments de puissance de l’organisation, en vue d’atteindre l’Etat Final Recherché du domaine économique, militaire, diplomatique, culturel, industriel etc.
Ces engagements se situent aux trois niveaux de responsabilité : stratégique, opératif et tactique.
En parallèle à la stratégie opérationnelle, qui s’occupe de la conception et de l’exécution de la manœuvre aux niveaux stratégique, opératif et tactique, la stratégie génétique ou capacitaire (non traitée dans cet essai) s’intéresse aux moyens de mise en œuvre des instruments de puissance économiques, diplomatiques, culturelles, militaires, industrielles…aux niveaux différents niveaux de décision.
Les actions résultant de la stratégie opérationnelle nécessitent des capacités que l’organisation doit détenir. C’est le rôle de la stratégie capacitaires de préparer et de fournir les moyens humains, financiers, techniques… nécessaires, afin que la stratégie opérationnelle puisse agir.
Même s’il y a une primauté de l’idée sur le matériel, la stratégie génétique ou capacitaire se décline, elle aussi, de la même manière que la stratégie opérationnelle en : niveau stratégique, niveau opératif et niveau technique au lieu du niveau tactique consacré au volet opérationnel. Elle a une capacité d’influence sur toutes les sphères de la stratégie opérationnelle, car elle permet d’accorder les buts recherchés aux moyens.
Seuls les détenteurs de pouvoirs peuvent avoir des données et des statistiques relativement justes, pour pouvoir chiffrer les moyens nécessaires pour appliquer leur politique.

C’est la raison pour laquelle les politiciens sont traités de menteurs. Ils promettent dans leurs programmes électoraux beaucoup de choses qui s’avèrent fausses. Même s’ils sont « de bonne foi », ils n’ont pas les réalités des comptes, des contraintes et des limites de l’état pour pouvoir bien chiffrer leurs programmes, d’où les promesses non tenues.

lundi 2 mai 2016

Le mandat de la MINURSO est techniquement obsolète



Le Maroc, à juste titre, a fait le constat, que techniquement le referendum, au Sahara Marocain, ne peut pas se faire. Il est rejoint dans cette thèse par plusieurs pays.
Il faut se rappeler que MINURSO est l’acronyme de :
·       « Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental »
·       « بعثة الأمم المتحدة للاستفتاء في الصحراء الغربية »
C’est conforme au mandat fixé à cette mission par le conseil de sécurité : « La MINURSO a été créée par la résolution 690 (1991) du Conseil de sécurité en date du 29 avril 1991, suite à l'acceptation des propositions de règlement par le Maroc et le Front POLISARIO, le 30 août 1988, et à l'approbation par le Conseil de sécurité du Plan de règlement mis au point par le Secrétaire général »
En particulier : « organiser un référendum libre et équitable et en proclamer les résultats ».
Le hic est que ce constat est fait depuis un certain temps et à priori, aucune action n’a été entreprise pour changer le mandat de la MINURSO.
Maintenant avec la résolution 2285, le Maroc a 90 jours pour trouver les moyens de reformuler le mandat de cette mission onusienne, et pour faire voter une résolution, se consacrant uniquement à surveiller le cessez-le-feu et à mettre en place les mécanismes de résolution de ce problème, basés sur la mise œuvre de la proposition marocaine «  plan d’autonomie ». Il à noter que ce plan, a été jugé crédible par la communauté internationale.
Dans le cas contraire, le Maroc sera dans l’obligation morale de rompre le MoU, « memorandum of understanding », le liant à la MINURSO et qu’il a signé avec l’ONU. Du coup, les marocains doivent se préparer à se battre sur tous les fronts en particulier diplomatique, car la bataille avec leurs adversaires, dans tous domaines, sera rude et surtout imprévisible.
Dès à présent nos 5000 internautes, que le gouvernement est en train de préparer, auront, sans oublier nos alliés, à cibler les opinions des pays qui sont indécis ou contre le Maroc, avec des messages bien étudiés dans toutes les langues en particulier dans les six langues officielles des Nations Unies.
La diaspora marocaine à l’étranger est un grand atout dans la communication opérationnelle, il suffit de l’encadrer, leur amour pour le pays, est le moteur de leurs actions.