mercredi 11 février 2026

 

De Madrid à l’UMA : le pari de la maturité marocaine face aux crispations régionales

Introduction

Depuis plusieurs mois, le Maroc fait face à des campagnes médiatiques hostiles, répétitives et souvent caricaturales, qui prétendaient fragiliser sa position, isoler ses choix ou semer le doute au sein de sa société. Le résultat a été exactement inverse : ces attaques n’ont fait que renforcer la cohésion nationale et consolider le lien organique entre le Trône et le peuple, dans une confiance réciproque forgée par l’épreuve et la constance.

C’est dans ce climat que s’inscrivent les rencontres de Madrid sur le Sahara marocain. Loin du bruit et des postures excessives, elles s’inscrivent dans une continuité amorcée depuis plusieurs années, marquée par une clarification progressive des positions internationales. Cette évolution doit beaucoup à des décisions courageuses prises à un moment charnière, lorsque certains acteurs internationaux majeurs ont choisi de rompre avec l’ambiguïté pour privilégier la lisibilité et le réalisme, redéfinissant durablement les paramètres du dossier.

Face à cette dynamique, la tentation est grande de répondre aux crispations régionales par la dénonciation frontale. Pourtant, la maturité marocaine invite à une autre voie : celle de la pédagogie, de l’apaisement et de l’accompagnement — non par faiblesse, mais par lucidité.

I. Madrid : une étape de clarification, pas une rupture

Les rencontres de Madrid ne constituent pas une mise en scène diplomatique ni un tournant brutal. Elles ont confirmé une évolution déjà perceptible : le dossier du Sahara n’est plus traité comme un contentieux figé, mais comme une question appelée à une solution réaliste, durable et conforme aux équilibres régionaux.

Le Maroc n’a rien imposé. Il a maintenu le cap, avec constance et clarté, laissant les faits parler d’eux-mêmes. Cette posture tranche avec les approches fondées sur la dramatisation ou la surenchère, qui finissent toujours par se heurter à leurs propres limites.

II. Comprendre les positions algériennes : une nécessité pour durer

Il serait réducteur de lire la position algérienne uniquement à travers le prisme de l’hostilité. L’Algérie est aussi le produit d’une histoire lourde, marquée par les réflexes de la guerre froide, par une culture politique fondée sur la confrontation et par le poids d’une nomenklatura ayant bâti sa légitimité sur des équilibres anciens.

De la même manière, toute solution durable suppose d’entendre les perceptions, les sensibilités, les craintes, les attentes et les récits régionaux et locaux. Les ignorer serait entretenir l’incompréhension ; les absolutiser serait s’éloigner du cadre international. La maturité consiste à les écouter sans remettre en cause les fondements historiques, juridiques et politiques déjà établis.

Comprendre ne signifie ni excuser ni céder. Cela permet simplement de mesurer l’ampleur du défi et la profondeur des blocages.

III. Pédagogie oui, naïveté non : faire face à une résistance de long terme

Le Maroc ne fait pas face à une divergence conjoncturelle, mais à un courant de résistance structuré depuis plus de soixante ans, enraciné dans des représentations politiques, institutionnelles et idéologiques anciennes.

C’est ici que la nuance s’impose : oui à la pédagogie, non à la naïveté. Cette résistance ne s’effacera ni par des gestes symboliques ni par un simple changement de ton. Être pédagogue, c’est expliquer sans relâche, répéter avec constance et avancer sans se laisser entraîner dans l’émotion ou la provocation.

Le temps n’est pas un handicap pour le Maroc ; il est un allié lorsque l’on est sûr de la solidité de sa position.

IV. Le plan d’autonomie : une issue désormais consacrée

Dans ce contexte, le plan d’autonomie proposé par le Maroc s’impose comme l’unique issue crédible et réaliste. Cette réalité a été formellement consacrée par la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui entérine cette approche comme base sérieuse pour le règlement du différend.

Il ne s’agit plus d’un projet défendu par un seul État, mais d’un cadre reconnu autour duquel se structure aujourd’hui l’essentiel du consensus international. Le soutien constant et assumé des États-Unis a joué un rôle déterminant dans cette clarification, en rompant avec les ambiguïtés du passé et en renforçant une dynamique fondée sur le réalisme et la stabilité.

Cette convergence n’a pas pour vocation d’isoler ou d’humilier, mais de sortir d’un statu quo devenu coûteux pour tous.

V. Sahara et avenir maghrébin : une équation indissociable

Dans un monde qui s’organise autour d’ensembles régionaux intégrés, la persistance des blocages maghrébins apparaît comme une anomalie historique. En s’enfermant dans une lecture strictement conflictuelle du dossier du Sahara, l’Algérie se prive d’opportunités économiques, humaines et régionales majeures.

Le Maroc, de son côté, a intérêt à démontrer que la voie de l’autonomie n’est pas une victoire contre un voisin ou contre une population, mais une opportunité de réconciliation, de développement partagé et de projection collective.

Conclusion

De Madrid à l’horizon de l’Union du Maghreb Arabe, le pari marocain est clair : avancer avec patience, constance et hauteur. Être pédagogue sans être naïf. Écouter sans renoncer à l’essentiel.

La véritable réussite ne sera pas celle d’un camp qui triomphe, mais celle d’un Maghreb capable, enfin, de se réconcilier avec son avenir.

La vigilance reste de mise, car le diable est toujours dans le détail.